Initiative inédite

08 juin 2017 07:47; Act: 08.06.2017 11:28 Print

Vers un compromis du FMI sur la dette grecque

Le Fonds monétaire international a émis une proposition pour rejoindre le plan d'aide à la Grèce. Cette initiative pourrait satisfaire l'Allemagne.

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Certains analystes craignent l'émergence d'une nouvelle crise grecque dans les prochains mois. (photo: DPA/Michael Kappeler)

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Le FMI assurait en avoir fini avec tout traitement spécial de la Grèce, mais sa dernière proposition pour rejoindre le plan d'aide à Athènes ressemble à un compromis de circonstance destiné à satisfaire Berlin, selon des experts. Après des mois de tergiversations, le Fonds monétaire international se dit désormais prêt à approuver en principe sa participation au plan européen accordé à Athènes en 2015, mais sans débourser le moindre centime et sans déclarer la dette du pays «soutenable». «Nous n'inventons pas de nouvelle méthode "à la grecque"», a clamé dans la presse allemande la patronne du FMI, Christine Lagarde, en dévoilant cette proposition, qui devrait satisfaire Berlin mais qui tranche avec les procédures habituelles de l'institution.

D'ordinaire, le FMI ne donne son feu vert au renflouement d'un pays qu'à la condition que sa dette soit jugée viable et que les autorités acceptent d'assainir drastiquement leurs finances publiques. S'agissant de la Grèce, sous assistance internationale depuis 2010, son verdict est pourtant sans appel: la dette publique du pays est insoutenable et requiert des mesures d'allègement "significatives" de la part de la zone euro. À l'approche des élections législatives, l'Allemagne refuse toutefois obstinément un tel geste tout en conditionnant la poursuite de son aide à la Grèce à la présence du FMI. «Le FMI est dans une situation difficile parce qu'il sait que si les Allemands ne fournissent pas d'argent à la Grèce, il risque d'y avoir une grave crise en juillet», déclare Desmond Lachman, ancien membre du Fonds.

Feu de critiques

De fait, cette impasse a jusqu'à présent empêché le versement d'argent frais européen dont Athènes a grandement besoin pour honorer sept milliards d'euros de créances dues en juillet. Avec sa nouvelle proposition, le FMI espère débloquer la situation lors de la prochaine réunion de l'Eurogroupe, le 15 juin, en préservant ses ressources et en mettant son poids politique dans la balance, au risque de provoquer des critiques. «Il y a un deux poids, deux mesures. Cela revient à traiter la Grèce comme aucun autre pays», affirme Peter Doyle, un ancien cadre du département Europe au Fonds. Desmond Lachman se montre plus nuancé sur la forme: «Je ne dirais pas que c'est un traitement spécial mais cela me semble être une solution très imaginative».

L'institution avait déjà souffert d'accusations similaires quand elle avait renfloué la Grèce en 2010 en modifiant expressément ses règles pour prêter à un pays insolvable. Sous le feu des critiques notamment américaines, elle avait supprimé cette exception début 2016. Aujourd'hui, le FMI défend sa proposition d'un «accord de principe» en assurant y avoir déjà eu recours par le passé dans des pays émergents ou à faible revenu (Brésil en 1998, Argentine en 1987 ou Soudan en 1983). Selon les experts, le parallèle avec le compromis grec a ses limites. Le FMI a déjà utilisé cette solution mais avait alors assigné aux pays une date limite pour trouver des financements ou mettre en œuvre des réformes. Dans le cas grec, l'accord ne serait «plus lié à une période de temps» mais «à un État», en l'occurrence l'Allemagne, affirme Thanos Catsambas, ancien représentant grec au FMI.

(L'essentiel/AFP)

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