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06 février 2019 08:57; Act: 06.02.2019 12:27 Print

Bruxelles interdit la fusion Siemens-​​Alstom

Bruxelles a interdit mercredi la fusion entre le français Alstom et l'allemand Siemens, au grand dam de Paris et Berlin, partisans de la création d'un champion européen du ferroviaire.

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Joe Kaeser (Siemens) et Henri Poupart-Lafarge (Alstom) ont annoncé le projet d’union de leurs entreprises en 2017. (photo: Reuters/Stephane Mahe)

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«La Commission a interdit la concentration parce que les entreprises n'étaient pas disposées à remédier aux importants problèmes de concurrence que nous avons relevés», a déclaré Margrethe Vestager, Commissaire chargée de la Concurrence, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

«En l'absence de mesures compensatoires suffisantes, cette concentration aurait entraîné une hausse des prix pour les systèmes de signalisation qui assurent la sécurité des passagers et pour les futures générations de trains à très grande vitesse», a ajouté la Danoise.

Cette décision était largement attendue. Grillant la politesse à l'exécutif européen, le ministre français des Finances, Bruno le Maire, a confirmé mercredi matin ce que tout le monde supputait. «Je crois que les jeux sont faits», a affirmé le ministre sur la chaîne de télévision France 2, parlant d'une «erreur économique» qui «va servir les intérêts» de la Chine.

Le véto rarement utilisé

Mme Vestager s'était inquiétée à maintes reprises des effets du rapprochement Siemens/Alstom. Il réduirait le nombre d'industriels rivaux dans l'Union, ce qui risquerait de faire monter les prix des trains pour les compagnies ferroviaires, et celui des billets pour les consommateurs.

La Commission européenne, qui dispose depuis 1989 d'un droit de veto sur les grands projets de fusion, n'en a pas souvent fait usage. En près de trente ans, plus de 6 000 fusions ont été approuvées et moins d'une trentaine ont été bloquées. Depuis le début de son mandat, fin 2014, Mme Vestager n'avait interdit que trois rapprochements, jusqu'à ce jour.

Juncker défend la concurrence

De façon assez inhabituelle, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a défendu mardi, dans un discours à Bruxelles, la politique européenne de la concurrence.

«Nous permettrons toujours une concurrence équitable pour les entreprises et, en fin de compte, pour les consommateurs (...) Nous ne ferons jamais de politique ou de favoritisme quand il s'agit d'assurer des règles du jeu équitables», a lancé le Luxembourgeois.

(L'essentiel/afp)