Espagne

04 septembre 2020 13:51; Act: 04.09.2020 14:28 Print

CaixaBank et Bankia pourraient fusionner

CaixaBank et Bankia ont annoncé discuter d'une fusion qui donnerait naissance à un mastodonte du secteur bancaire, en Espagne, dans un contexte sombre, en raison de la pandémie.

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Les deux banques négocient. (photo: AFP/Gabriel Bouys)

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Cette annonce, synonyme de séisme pour le secteur bancaire espagnol, est tombée dans la nuit de jeudi à vendredi. Dans un communiqué, Bankia a indiqué «confirmer des contacts avec CaixaBank (...) en vue d'analyser l'éventuelle opportunité d'une opération de fusion entre les deux entités». CaixaBank a précisé de son côté qu'«aucun accord n'avait été scellé pour le moment au-delà de la signature d'un accord de confidentialité, afin d'échanger des informations destinées à évaluer l'opération».

À la Bourse de Madrid, les titres des deux banques s'envolaient. Bankia prenait 28% à 1,33 euro vers 3h15 tandis que CaixaBank grimpait de 14% à 2,08 euros.

Plus grosse banque en terme d'actifs

Une telle fusion donnerait naissance à la plus grande banque du pays en terme d'actifs en Espagne, devant Santander ou BBVA qui sont en revanche plus fortes à l'international. Selon les calculs des analystes de Renta 4 Banco, ces actifs s'élèveraient à environ 664 milliards d'euros.

L'annonce de ces discussions entre les deux banques intervient dans un contexte économique très sombre en Espagne. C'est l'un des pays les plus touchés en Europe par la pandémie de Covid-19, qui fera inévitablement augmenter les créances douteuses pour les banques et donc les provisions. Sous l'effet de l'un des confinements les plus stricts au monde, le PIB espagnol a plongé de 18,5% au deuxième trimestre, période durant laquelle plus d'un million d'emplois ont été détruits. Pour l'ensemble de l'année, le gouvernement table sur un repli de 9,2% mais la Banque d'Espagne estime que la baisse devrait atteindre 15%.

L'État a sauvé Bankia en 2012

Cette opération est suivie de près par le gouvernement espagnol qui devra donner son feu vert alors que l’État avait sauvé Bankia de la faillite en 2012, en y injectant 22 milliards d'euros, à la suite de l'aggravation de la crise financière en Espagne. Il détient toujours 61,8% de son capital.

Le gouvernement examinera tout projet de fusion sous l'angle «de la génération de valeur et de l'optimisation de récupération des aides» d'État, a souligné le ministère des Affaires économiques. Depuis 2012, l’État tente de se défaire de sa participation mais le contexte financier n'a jamais été propice. Il a pour le moment seulement récupéré 3,3 milliards en vendant une partie du capital sur le marché.

(L'essentiel/AFP)