États-Unis/Russie

07 novembre 2018 14:08; Act: 07.11.2018 14:47 Print

De nouvelles sanctions imposées à la Russie

Dans la mesure où la Russie n'a pas rempli les conditions que les États-Unis lui avaient fixées, Washington va lui imposer de nouvelles sanctions économiques.

storybild

Début août, l'administration Trump était parvenue à la conclusion que les autorités russes étaient derrière l'attaque au Novitchok, un puissant agent innervant. (photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Les États-Unis vont prochainement imposer de nouvelles sanctions économiques à la Russie, qui a laissé passer la date limite de mardi sans remplir les conditions que Washington lui avait fixées après une première série de mesures punitives. C'est l'empoisonnement de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, survenu au printemps au Royaume-Uni et attribué par Londres à la Russie, qui est à l'origine de cette nouvelle crise potentielle entre les deux grandes puissances, dont les relations sont déjà au plus bas malgré les tentatives de rapprochement des présidents Donald Trump et Vladimir Poutine.

Début août, l'administration Trump était parvenue à la conclusion que les autorités russes étaient derrière cette attaque au Novitchok, un puissant agent innervant. En conséquence, elle avait imposé une première série de sanctions économiques contre Moscou, sur l'exportation de certains produits technologiques et sur les ventes d'armes à la Russie. Bien que limitées, ces mesures avaient suffi à faire chuter les marchés financiers russes et le cours du rouble. Sur la base d'une loi américaine de 1991 sur les armes chimiques, Washington avait aussi donné 90 jours à la Russie, jusqu'au 6 novembre, pour déclarer qu'elle n'utilise plus d'armes chimiques ou biologiques, s'engager à ne plus le faire à l'avenir et permettre des inspections pour s'assurer de l'élimination de ces armes.

Appel à la fermeté

«Aujourd'hui, le département d’État a informé le Congrès qu'il n'était pas en mesure de certifier que la Fédération de Russie a rempli les conditions», a déclaré mardi la porte-parole de la diplomatie américaine Heather Nauert dans une déclaration transmise à l'AFP. Elle a précisé que le département d’État avait «entamé des consultations avec le Congrès sur les prochaines étapes». «Nous avons l'intention de respecter les termes de la loi, qui impose la mise en œuvre de sanctions supplémentaires», a-t-elle ajouté. Un autre porte-parole américain avait fait savoir la semaine dernière que l'échéance du 6 novembre déclencherait uniquement cette phase de consultations avec les parlementaires, soulignant qu'il n'y avait pas de date butoir légale pour la mise en œuvre des sanctions.

Mercredi, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a estimé que ces sanctions seraient «illégales» et prévenu que Moscou réagira avec «des mesures similaires» si elles étaient mises en œuvre. «Nous n'observons à l'horizon aucune perspective radieuse de normalisation dans les relations russo-américaines. Mais cela ne signifie pas que nous ne voulons pas de dialogue», a-t-il constaté après des élections de mi-mandat qui ont débouché sur un Congrès divisé, relevant que Donald Trump restait l'interlocuteur du Kremlin. En septembre, la secrétaire d’État adjointe chargée des Affaires économiques, Manisha Singh, avait prévenu que d'éventuelles nouvelles sanctions seraient «très sévères», visant notamment le secteur bancaire ou l'aide étrangère. Bien que républicain comme l'administration, le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, Ed Royce, a vivement critiqué le peu d'empressement que semble manifester le gouvernement pour passer à l'acte.

(L'essentiel/afp)