Crise du 737 MAX

15 octobre 2019 07:40; Act: 15.10.2019 09:35 Print

Dennis Muilenburg, le PDG de Boeing, pourrait tomber

La crise du 737 MAX, provoquée par deux accidents ayant fait 346 morts, a ébranlé l'image de Boeing, qui pourrait limoger son patron, Dennis Muilenburg, dans les prochains mois.

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Boieng vient de retirer la casquette de président du conseil d'administration à son patron Dennis Muilenburg. (photo: AFP)

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La crise du 737 MAX, provoquée par deux accidents ayant fait 346 morts, a ébranlé et terni l'image de Boeing, qui vient de retirer la casquette de président du conseil d'administration à son patron, Dennis Muilenburg. Cette première sanction pourrait conduire à son limogeage dans les prochains mois et amorcer un changement dans la culture interne qui, jusqu'ici, a donné la priorité aux actionnaires au détriment de la sécurité, estiment des experts.

M. Muilenburg, 55 ans, demeure le directeur général de l'entreprise et va, dans le cadre de cette fonction, continuer à en superviser les opérations. Mais la perte de son titre de président du conseil, annoncée vendredi par le constructeur aéronautique, lui enlève le pouvoir de décider toute nouvelle feuille de route sans accord préalable de cette instance, qui peut le congédier à tout moment. «Le conseil a voulu une continuité dans la direction par ces temps de crise mais souhaitait en parallèle signaler un changement à venir, c'est un avertissement à M. Muilenburg», en déduit Richard Aboulafia.

Ne pas miner le moral des équipes

Cet expert chez Teal Group est convaincu que la séparation des rôles «prépare tranquillement le terrain au remplacement de M. Muilenburg si les choses ne s'arrangent pas dans les deux ou trois prochains mois». Si Boeing affirme «avoir toute confiance» en Dennis Muilenburg et insiste que revoir la gouvernance «va lui permettre de se concentrer à la gestion de l'entreprise», nombreux sont ceux estimant que les jours du dirigeant sont comptés. Trois mois? Un an? Les hypothèses divergent mais toutes s'accordent pour dire que M. Muilenburg a été laissé momentanément en place pour aider au retour en service du 737 MAX, cloué au sol depuis sept mois.

Il «doit rester pour résoudre le problème du MAX, éviter de déstabiliser les opérations et miner le moral des équipes», avance Michel Merluzeau chez AirInsight Research. Arthur Wheaton à l'université Cornell estime que Boeing «gagne du temps pour mettre en place de nouvelles procédures en termes de sécurité». Dennis Muilenburg avait succédé à Jim McNerney en juillet 2015, près de quatre ans après le lancement du programme 737 MAX mais quasiment deux ans avant la certification. Il a par conséquent hérité des décisions prises par son prédécesseur, ce qui rend difficile de déterminer sa part de responsabilités dans la crise actuelle.

Pour autant, sa réponse initiale aux accidents des vols 610 de Lion Air et 302 d'Ethiopian Airlines lui a valu de nombreuses critiques et des appels à démissionner. «Il est clair qu'en rejetant la faute immédiatement sur les pilotes de Lion Air (...) cela a suscité une condamnation générale», avance Scott Hamilton, expert chez Leeham, qui parie sur un départ de M. Muilenburg, en 2020. «Il s'est passé beaucoup de temps avant que Boeing ne présente ses excuses après ces tragédies», renchérit Richard Aboulafia.

(L'essentiel/afp)