Royaume-Uni

26 août 2021 13:26; Act: 26.08.2021 13:39 Print

Des pénuries partout, les patrons s’impatientent

Entre Brexit et coronavirus, le Royaume-Uni se retrouve dans une drôle de situation. Entreprises, restaurants ou supermarchés sont moins approvisionnés.

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La chaîne de supermarchés Iceland déplore des produits manquant dans ses étalages. Son patron réclame des facilités d’immigration octroyées aux travailleurs qualifiés et précise que les conducteurs de poids lourds «devraient être remplacés par des conducteurs britanniques», mais que «cela va prendre du temps» pour les former. (photo: AFP)

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Des supermarchés aux restaurants, en passant par les usines, les pénuries s’aggravent au Royaume-Uni à cause des problèmes d’approvisionnement générés par le Brexit et la pandémie, les patrons pressant le gouvernement d’agir, notamment à l’approche des fêtes de Noël.

Le roi américain des hamburgers McDonald’s a annoncé, mardi, qu’il ne pourrait plus offrir pour l’instant de milk-shakes ou de boissons en bouteilles dans le pays et son rival KFC a également averti de certains éléments manquant sur son menu.

Manque de poulet ou de bœuf

La chaîne de restaurants Nando’s a été obligée, la semaine dernière, de fermer une cinquantaine de restaurants à cause d’un manque de poulet. Le problème touche également les restaurants haut de gamme Novikov, à court de bœuf Wagyu. Chez les distributeurs, la chaîne Iceland et sa rivale Co-Op déplorent aussi des produits manquant dans leurs étalages.

Dans l’industrie, les usines automobiles ont dû faire une pause dans leur production, à cause de manques de composants électroniques, ce qui s’est traduit, en juillet, par une chute des ventes de voitures de près de 30%, tandis que la production est tombée au plus bas depuis les années 1950. Les PME ne sont pas en reste, notamment dans la construction, certaines se retrouvant à court de matériaux, en plus d’un manque d’ouvriers. La CBI, principale organisation patronale britannique, fait de son côté valoir que les stocks des distributeurs sont à des records de faiblesse depuis près de 40 ans.

Les Britanniques boudent la logistique

Les problèmes d’approvisionnement plombent depuis maintenant plusieurs mois les entreprises britanniques et menacent de peser sur la reprise économique. Ils sont aggravés par le Brexit, entré concrètement en vigueur le 1er janvier, qui complique l’entrée au Royaume-Uni de travailleurs originaires de l’Union européenne. Ces derniers constituent le gros des effectifs des sociétés de logistique, les Britanniques boudant ces métiers aux longues heures de travail pour des salaires peu attractifs.

La pandémie de Covid-19, qui a plombé pendant des mois l’activité dans la distribution, la logistique, les transports, la restauration, entre autres, a accentué l’exode des travailleurs étrangers, tandis que nombre d’employés mis au chômage partiel ou licenciés ont cherché du travail ailleurs.

Jonathan Portes, professeur à King’s College London, remarque que ces perturbations liées au coronavirus s’observent «à travers l’Europe», mais qu’au Royaume-Uni, la situation a été aggravée par l’«impact du Brexit», car beaucoup de travailleurs originaires de l’UE «ne sont pas revenus et ne veulent peut-être pas revenir. Le système d’immigration post-Brexit pourrait aussi perturber les modes de recrutement» des entreprises.

Pire dès octobre?

La Fédération britannique de la distribution (BRC) prévient que la situation risque de s’aggraver à partir d’octobre, quand le Royaume-Uni va faire entrer en vigueur de nouvelles vérifications post-Brexit sur les produits d’origine animale importés de l’UE.

«Les approvisionnements pour Noël sont en route et beaucoup d’entreprises ont du mal à réserver leurs places sur les navires», notamment ceux en provenance de Chine, qui reste la principale voie de livraison pour les produits manufacturés, observe Jonathan Owens, expert en logistique.

Les entreprises tentent de s’adapter. Le géant des supermarchés Tesco ou celui du commerce en ligne Amazon n’hésitent pas à promettre des primes à l’embauche au Royaume-Uni, afin d’attirer les chauffeurs ou magasiniers dont ils ont besoin pour servir leurs clients. Les industries de la viande envisagent des partenariats avec les prisons, pour faire travailler certains détenus en vue de leur réinsertion.

«Personne ne veut passer un deuxième Noël pourri!»

Les représentants sectoriels et les chefs d’entreprise font de plus en plus pression sur le gouvernement pour qu’il amende les réglementations sur l’immigration post-Brexit, afin que les chauffeurs routiers étrangers, et notamment originaires de pays d’Europe de l’Est, puissent plus facilement se rendre au Royaume-Uni.

Certains demandent notamment qu’ils puissent bénéficier des facilités d’immigration octroyées aux travailleurs qualifiés, à l’instar du patron des supermarchés Iceland. Les conducteurs de poids lourds «devraient être remplacés par des conducteurs britanniques, mais cela va prendre du temps» pour les former, et «avant cela, nous avons beaucoup de produits à acheminer pour Noël», avertit le patron de la chaîne, Richard Walker. «Personne ne veut passer un deuxième Noël pourri!» insiste-t-il, évoquant le confinement de l’an dernier et le risque, cette année, d’un sapin ou de tables dégarnis pour les fêtes.

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • ben oui ... Brexit le 26.08.2021 14:21 Report dénoncer ce commentaire

    ils l'ont cherché, ils l'ont trouvé

  • Gros Démagogue le 26.08.2021 14:47 Report dénoncer ce commentaire

    Toutes les conséquences négatives étaient prévisibles avant le vote. BJ est au 10 et il est heureux. Que tous les électeurs du monde réfléchissent un peu plus avant de voter.

  • @ paul le 26.08.2021 19:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Depuis la sortie de l'UE la livre sterling a baissé de 15% alors je ne sais pas si les 8% d'augmentation des salaires cela compense

Les derniers commentaires

  • veritis le 28.08.2021 12:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ils voulaient le Brexit...

  • bonsens le 28.08.2021 11:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C’est ce qui se passe quand une décision est mise à l’enchère par des politiciens démagogues qui délèguent l’avenir de la nation à des électeurs incompétents

  • caro le 27.08.2021 16:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bien fait pour eux….. c’est eux qui l’ont voulu comme ça

  • rira bien le 27.08.2021 13:52 Report dénoncer ce commentaire

    Ce n'est pas sur le court terme qu'on juge le Brexit, c'est à un horizon de minimum 5 ans, et là rira bien qui rira le dernier car à mon avis les anglais s'en sortiront bien mieux que nous avec notre commission européenne et notre EURSS.

  • pattyetselma le 27.08.2021 10:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ils n’ont qu’a manger « leurs » précieux poissons qu’ils protègent jusqu’a faire escorter par des navires militaires… et pour la main d’oeuvre c’est pas les migrants qui manquent…. Mais qu’ils bloquent en France…

    • Drole le 28.08.2021 18:51 Report dénoncer ce commentaire

      En attendant c est avec ça qu ils ont négocié. Et le pire c est quand on les écoute, ils ne consomment même pas ce poisson. Il est très majoritairement exporté vers l UE.