Tesla

12 août 2018 12:15; Act: 13.08.2018 10:04 Print

Des spéculateurs attaquent Elon Musk

Le PDG de Tesla, s'est mis dans un bourbier après avoir affirmé sur Twitter disposer du financement nécessaire à un possible retrait de la Bourse du constructeur de véhicules électriques.

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Elon Musk a probablement été trop loin sur Twitter. (photo: AFP/Brendan Smialowski)

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Des financiers ayant spéculé sur la chute de Tesla ont porté plainte contre son patron Elon Musk, qui veut retirer le constructeur de véhicules électriques de la Bourse, un projet qui a fait bondir l'action et leur a fait perdre des millions de dollars.

Mardi, Elon Musk a semé la panique dans les milieux financiers en annonçant sur Twitter vouloir retirer de la cote le groupe automobile qu'il a fondé en 2003 pour transformer la voiture en un bijou technologique «propre». Il a ajouté que cette opération s'effectuerait au prix de 420 dollars par titre, valorisant Tesla à plus de 71 milliards.

Cette annonce a fait bondir de près de 11% à 379,57 dollars l'action Tesla à Wall Street, ce qui a fait perdre des millions de dollars aux financiers qui parient depuis des années sur l'effondrement du titre.

Elon Musk, un habitué des polémiques, n'a toutefois pas apporté la preuve qu'il détenait l'argent nécessaire pour financer l'opération malgré un tweet affirmant: «financement sécurisé». Le gendarme de la Bourse, la SEC, a d'ailleurs contacté Tesla pour lui demander si l'affirmation de M. Musk était «réelle», selon la presse américaine.

Une loi de 1934 de la SEC interdit à des dirigeants d'entreprise de faire des annonces sur des achats ou ventes d'actifs s'ils n'ont ni l'intention de le faire ni les moyens de leurs ambitions car cela équivaudrait à une manipulation du cours de la bourse.

Banques pas au courant

La voie classique pour retirer une entreprise de la cote est un LBO (leverage buy out), c'est-à-dire qu'une société externe ou des fonds d'investissements rachètent les actions en circulation avec de l'argent emprunté le plus souvent auprès des banques ou d'investisseurs avec des poches pleines. Aucune des six grandes banques américaines n'a promis des milliards de dollars à Elon Musk, dont elles ont découvert le projet sur Twitter mardi, ont affirmé à l'AFP plusieurs sources bancaires.

«On n'était pas au courant et on n'a pas été contacté», confie à l'AFP, sous couvert d'anonymat, une banquière. Il est peu probable qu'un établissement de Wall Street prenne le risque d'apporter son soutien à Tesla, qui brûle un milliard de dollars environ par trimestre et n'a jamais été rentable sur une année entière en quinze ans d'existence, renchérit un autre banquier.

Plaintes

Sans attendre les conclusions de la SEC, Kalman Isaacs, un spéculateur ayant perdu des millions de dollars, a déposé plainte. Il affirme que les tweets de M. Musk étaient destinés à «détruire les investisseurs ayant vendu à découvert» le titre. Il affirme avoir dû acheter environ 3000 actions Tesla mercredi, au lendemain des tweets de M. Musk, pour limiter au plus vite ses pertes.

La vente à découvert consiste à emprunter auprès d'un courtier un actif dont on parie que le prix va baisser et à le vendre, avec l'espoir d'empocher une différence au moment où il faudra le racheter pour le rendre au prêteur.

Outre M. Isaacs, William Chamberlain, un autre spéculateur, poursuit également Elon Musk et Tesla qu'il accuse d'avoir gonflé artificiellement le cours de l'action. Ils «ont artificiellement fait gagner 45,47 dollars à l'action Tesla le 7 août comparé à son cours de clôture du 6 août», accuse M. Chamberlain.

Les deux plaintes ont été déposées vendredi devant un tribunal de San Francisco. Elon Musk n'a jamais caché son aversion pour les spéculateurs qu'il moque régulièrement sur Twitter. Il a d'ailleurs justifié le possible retrait de Tesla de la Bourse par la volonté de permettre au groupe d'opérer dans un environnement moins volatil, hors de la pression des marchés financiers.

(L'essentiel/afp)