Procès en France

15 juin 2021 11:03; Act: 15.06.2021 12:08 Print

Espionnage de salariés: Ikea France condamnée

La filiale française d'Ikea et un de ses anciens PDG ont été respectivement condamnés mardi à un million d'euros d'amende et à de la prison avec sursis.

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Le Tribunal correctionnel de Versailles a prononcé des peines moins lourdes que celles demandées par la procureure. (photo: AFP/Loic Venance)

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La filiale française d'Ikea et un de ses anciens PDG ont été respectivement condamnés mardi à un million d'euros d'amende et à de la prison avec sursis pour avoir espionné plusieurs centaines de salariés entre 2009 et 2012.

Le Tribunal correctionnel de Versailles les a reconnus coupables de «recel de données à caractère personnel par un moyen frauduleux», mais les a condamnés à des peines moins lourdes que celles demandées par la procureure, qui les accusait de «surveillance de masse». Le parquet avait demandé deux millions d'euros d'amende pour l'enseigne, ainsi que de l'emprisonnement ferme pour un des anciens PDG, Jean-Louis Baillot.

Tout au long du procès qui a duré deux semaines en mars, M. Baillot, PDG de 1996 à 2002, avait nié en bloc avoir ordonné la surveillance des salariés. Mardi, il a été condamné à deux ans d'emprisonnement avec sursis et 50 000 euros d'amende. Il a également été relaxé de plusieurs chefs d'accusation, comme le délit de recel de complicité de détournement de finalité des informations personnelles ou le recel de violation du secret professionnel.

«Un système de surveillance»

«M. Baillot est sous le choc, nous envisageons un appel», a déclaré son avocat Me François Saint-Pierre à l'issue de l'audience. Le successeur de M. Baillot, Stefan Vanoverbeke, PDG d'Ikea France de 2010 à 2015, a, lui, été relaxé, comme l'avait demandé la procureure car il n'y avait pas «d'élément matériel» à son encontre.

Révélée par la presse puis instruite à partir de 2012, l'affaire a mis au jour, selon l'accusation, «un système de surveillance» d'employés et de clients. Ikea France et ses dirigeants de l'époque étaient accusés de s'être illégalement renseignés sur leurs antécédents judiciaires, leur train de vie ou leur patrimoine via une société «en conseil des affaires» Eirpace, qui aurait pioché ces données confidentielles dans des fichiers de police.

Au cœur de ce «système», Jean-François Paris, l'ancien «Monsieur Sécurité» d'Ikea France de 2002 à 2012, qui a reconnu à la barre des «contrôles de masse» d'employés. Il a été condamné à 18 mois d'emprisonnement avec sursis et 10 000 euros d'amende.

«Examiner si des mesures supplémentaires sont nécessaires»

Pour la procureure, le délibéré devait envoyer un «message fort» à toutes les sociétés commerciales, en mettant à l'honneur «la protection de nos vies privées» face à la «surveillance de masse».

Ingka Group, qui regroupe environ 90% des magasins Ikea sous franchise dans le monde, a assuré prendre «très au sérieux la protection des données des salariés et des clients», a indiqué un porte-parole dans une déclaration écrite. «Nous allons maintenant examiner en détail la décision du tribunal et déterminer si et où des mesures supplémentaires sont nécessaires», a ajouté Ingka Group.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Peace & Love le 15.06.2021 11:15 Report dénoncer ce commentaire

    C'est pourtant si simple d'éviter d'aller dans de tels groupes. Ce sont nos choix qui façonnent nos villes.

  • blu le 16.06.2021 07:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    A j’oubliais de dire... nous sommes tous espionnés par nos réseaux IT employeurs. Les caméras aujourd’hui c’est du ressort du moyen âge.

  • raoullux le 15.06.2021 15:54 Report dénoncer ce commentaire

    Et qui leur a donné accès aux fichiers de police ?

Les derniers commentaires

  • blu le 16.06.2021 07:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    A j’oubliais de dire... nous sommes tous espionnés par nos réseaux IT employeurs. Les caméras aujourd’hui c’est du ressort du moyen âge.

  • blu le 16.06.2021 07:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Que du blabla tout ça pour faire partager les bénéfices supplémentaires qu’IKEA a fait. Rien de plus. Il va y avoir un accord financier entre eux sur le dos de ces salariés espionnés. On connaît la musique. On sort des dossiers pour gagner de l’argent prétextant autrui. Aller....

  • raoullux le 15.06.2021 15:54 Report dénoncer ce commentaire

    Et qui leur a donné accès aux fichiers de police ?

  • Joelle le 15.06.2021 13:53 Report dénoncer ce commentaire

    Pourquoi sursis ??? Pourquoi ne pas mettre le bon signe ?

  • Loool le 15.06.2021 12:16 Report dénoncer ce commentaire

    Chez qui vont aller les 1 millions ? Pour les salariés ?