Bourse en Allemagne

13 août 2018 11:39; Act: 13.08.2018 12:22 Print

Glyphosate: l'action Bayer dévisse à Francfort

Le groupe allemand qui a racheté Monsanto a vu son action plonger lundi matin à la Bourse de Francfort après le procès intenté à l'entreprise américaine pour son herbicide Roundup.

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Le glyphosate est l'herbicide le plus utilisé au monde sous diverses marques depuis que le brevet détenu par Monsanto est tombé dans le domaine public en 2000.

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L'action du groupe pharmaceutique Bayer, nouveau propriétaire de Monsanto, perdait plus de 10% lundi à la Bourse de Francfort après la condamnation inédite du géant de l'agrochimie américain aux États-Unis pour son herbicide Roundup. À 07h25 GMT, l'action cédait 10,37% à 83,68 euros, dans un marché en baisse de 0,65%. Le procès historique perdu par Monsanto, le premier à concerner le caractère possiblement cancérigène des produits au glyphosate de Monsanto, pourrait coûter cher à Bayer qui avait bouclé début juin pour 63 milliards de dollars le rachat de l'américain.

Un tribunal de San Francisco a condamné vendredi Monsanto à payer 289 millions de dollars d'amende, dont 250 millions de dollars de «dommages punitifs» pour ne pas avoir informé de la dangerosité de son herbicide Roundup à l'origine du cancer de Dewayne Johnson, une victoire pour ce jardinier américain qui espère un effet boule de neige. Car pas moins de 4 000 affaires similaires sont pendantes devant des tribunaux américains.

Monsanto va faire appel

Les jurés ont déterminé dans le cas présent que Monsanto avait agi avec «malveillance» et que son herbicide Roundup, ainsi que sa version professionnelle RangerPro, avaient «considérablement» contribué à la maladie du plaignant, Dewayne Johnson. Monsanto va faire appel de cette décision et espère, comme c'est le cas dans des procès de ce type aux États-Unis, une forte atténuation de l'amende en appel voir son annulation complète.

Bayer avait de son côté réagi dans le week-end, estimant que «sur la base de preuves scientifiques, d'évaluations réglementaires à l'échelle mondiale et de décennies d'expérience pratique de l'utilisation du glyphosate, (...) le glyphosate est sûr et non cancérogène», selon un porte-parole de l'entreprise. Le groupe pharmaceutique n'a pas voulu préciser s'il avait commencé à provisionner ses comptes pour solder les multiples ennuis judiciaires auxquels doit faire face leur nouvelle acquisition.

(L'essentiel/afp)