Streaming

14 avril 2019 11:04; Act: 15.04.2019 12:25 Print

L'empire Disney contre-​​attaque la planète Netflix

Disney lance une plateforme de streaming à prix cassé et avec un large catalogue pour concurrencer Netflix, le roi du secteur.

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Les hostilités sont ouvertes : Disney lance princesses et superhéros à la conquête de l'univers du streaming avec sa plateforme à prix cassé et un catalogue impressionnant, mais cela suffira-t-il à menacer sérieusement la suprématie de Netflix ? Disney fera ses débuts, très attendus, en novembre aux États-Unis, avant un lancement progressif dans d'autres régions du monde. À 6,99 dollars par mois, le tarif pour accéder à tous les classiques Disney, les films «Star Wars» ou les derniers blockbusters des héros Marvel, s'inscrit deux dollars en-dessous de l'abonnement de base de Netflix (8,99 dollars). C'est quasiment la moitié des 12,99 dollars demandés pour la formule la plus populaire de Netflix, qui permet le visionnage sur deux écrans.

Au menu aussi sur Disney , les dessins animés Pixar, les documentaires de la chaîne National Geographic ou encore des programmes venant de la Fox, dont Disney vient de racheter une bonne partie, comme la célèbre série animée «Les Simpsons». La maison mère de Mickey a aussi promis des programmes exclusifs pour attirer les téléspectateurs. Face à Netflix, Amazon, et bientôt à Apple, Disney montre qu'il ne compte pas faire de quartiers, notent les analystes. Les investisseurs ont réagi très positivement : le titre Disney a connu sa meilleure séance depuis dix ans (11,54%) et clôturé au plus haut niveau de son histoire vendredi à Wall Street. «La plus grosse surprise, c'est le prix - 6,99 dollars - bien en-dessous de ce que beaucoup attendaient», relève Alan Wolk, du cabinet de consultants, TVREV, spécialisé dans ce secteur.

Familles

«C'est également un service sans publicité, ce qui était inattendu, car on pouvait raisonnablement penser qu'ils proposeraient un modèle hybride, avec des options avec ou sans pub, comme Hulu», plateforme co-détenue par Disney, poursuit M. Wolk. Quant au catalogue, «c'est exactement ce qu'on peut attendre de Disney et cela va attirer les familles et les enfants», assure-t-il encore, ce qui va permettre aussi du coup à Disney de changer le positionnement de Hulu, en la tournant davantage vers les adultes et des contenus plus pointus.

Disney table sur 60 à 90 millions d'abonnés d'ici cinq ans mais certains analystes pensent qu'il pourrait bien à terme dépasser les 140 millions d'abonnés de Netflix. Notant, lui aussi, le prix modéré de Disney , Neil Macker, analyste chez Morningstar, pense que «même s'il est moins étoffé que celui de Netflix, le catalogue Disney sera «meilleur en terme de qualité». vec une telle offre, «incomparable», le nouveau service «pourrait changer la donne dans un marché du streaming qui évolue très vite», note pour sa part Tuna Amobi, analyste chez CFRA Research. D'autant, souligne-t-il, que Disney a évoqué la possibilité de proposer un bouquet Disney /ESPN (sports)/ Hulu.

Autre conséquence de l'arrivée de Disney , la disparition possible à terme de ses programmes des plateformes concurrentes: Disney avait d'ailleurs dit en 2017, en annonçant ses projets dans le streaming, qu'il mettrait fin à son partenariat de distribution avec Netflix pour la diffusion de ses nouvelles productions à partir de 2019.

Cannibaliser

Pour Laura Martin, analyste chez Needham & Co, «Netflix ne peut pas gagner» la bataille, compte tenu du prix et du catalogue proposés par Disney . Aux États-Unis, les consommateurs prévoient de ne s'abonner qu'à deux ou trois services de vidéo en ligne, ce qui veut dire que Disney va affaiblir Netflix, estime Mme Martin. Pour autant, certains analystes estiment que la concurrence ne va pas rester les bras croisés et qu'il pourrait être plus difficile que prévu de combattre les groupes technologiques, plus agiles que les groupes traditionnels, comme Disney.

Autre souci possible pour Disney, note Richard Greenfield (BTIG Research), il devra respecter un certain délai après la sortie de ses films en salles, à la différence de Netflix qui échappe à la chronologie des médias. Il devra aussi décider s'il enlève ses titres de toutes les plateformes concurrentes, alors que certains contrats de distribution sont toujours en cours.

Néanmoins, pour John Meyer, du fonds d'investissement Transpire Ventures, Netflix devrait en tout cas garder l'avantage un certain temps. Disney pourrait «créer un petit marché de niche» dans les familles et les jeunes spectateurs mais cela ne pose pas de menace sérieuse pour Netflix pour l'instant car sa force réside dans sa très fine connaissance des goûts des consommateurs. «C'est un groupe technologique et les données qu'ils récupèrent de leurs millions d'abonnés leur donnent un pouvoir énorme, qui les aide à concevoir des contenus originaux» pour leur plaire, explique M. Meyer.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Bobo énervant le 14.04.2019 21:29 Report dénoncer ce commentaire

    La concurrence est une bonne chose pour le consommateur

Les derniers commentaires

  • Bobo énervant le 14.04.2019 21:29 Report dénoncer ce commentaire

    La concurrence est une bonne chose pour le consommateur

    • LiNh le 14.04.2019 22:35 Report dénoncer ce commentaire

      Pas dans ce cas, puisque le consommateur se trouvera noyé par tous les studios et distributeurs voulant une part du gâteau. Du coup il faudra souscrire à une dizaine de services pour pouvoir accéder aux séries/films intéressants… Le téléchargement ou le Blu-ray, pour rester dans le légal, sont encore les meilleures options pour le consommateur

    • FRfr le 15.04.2019 08:12 Report dénoncer ce commentaire

      Actuellement, il n'est pas possible de voir les Disney en streaming. C'est donc un nouveau produit et Netflix va peut être devoir revoir ses tarifs à la baisse pour éviter de perdre un large public.

    • @LiNh le 15.04.2019 11:25 Report dénoncer ce commentaire

      Sans concurrence l'abonnement Netflix serait à 30€, pareil pour Spotify et cie... plus il y a d'offres plus l'utilisateur est gagnant. En plus vos arguments sont mauvais car un film coute 15-20€ en blu-ray... soit 2 mois d'abonnement qui permettent d'en voir des centaines… En quoi on est gagnant ?