Union européenne

10 septembre 2020 14:26; Act: 10.09.2020 14:49 Print

La BCE décide le statu quo face au Covid-​​19

La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu comme prévu sa politique monétaire, malgré la très bonne tenue de l’euro face au dollar américain, depuis le printemps.

storybild

Les marchés gardent un œil sur la présidente de la BCE, Christine Lagarde. (photo: KEYSTONE)

Sur ce sujet
Une faute?

La Banque centrale européenne (BCE) a laissé jeudi, comme attendu, inchangée sa politique monétaire anticrise et s’apprête à être scrutée sur ses intentions face à l’incertitude économique persistante liée au Covid-19 et à l’emballement de l’euro, ces derniers mois.

Le principal taux d’intérêt a été maintenu à zéro, tandis que les banques se verront appliquer un prélèvement de 0,50% sur une fraction des dépôts qu’elles confient à la banque centrale au lieu de les prêter à leurs clients. Le statu quo décidé vaut aussi pour le programme d’urgence «PEPP», visant à limiter les effets de la crise sanitaire et porté en juin à 1 350 milliards d’euros en devant s’étaler jusqu’à juin 2021.

Des mots passés au crible

La BCE a en outre confirmé qu’elle allait réinvestir à leur échéance les titres participant au PEPP et ce jusqu’en 2022, une mesure pour mieux piloter ce stock d’actifs sur le long terme, comme elle le fait déjà pour son programme «QE» de rachats d’actifs mis en place en 2015. Ce programme a été confirmé à raison de 20 milliards d’euros par mois, auxquels s’ajoutent 120 milliards d’euros qui seront engagés en 2020.

Un euro trop florissant

L’inflation en zone euro végète à un niveau très inférieur de celui proche de 2% visé par la BCE, passant même en territoire négatif en août (-0,2%) où des facteurs temporaires ont joué, comme la baisse de la TVA en Allemagne pour soutenir la consommation et les soldes d’été.

Or, la bonne santé de l’euro pèse sur cette tendance déflationniste, qui elle-même pourrait peser à terme sur la reprise économique européenne. La BCE a enfin réitéré son intention d’utiliser «tous ses instruments (…) de manière appropriée», afin de soutenir l’activité et ramener le taux d’inflation vers l’objectif assigné, qui est proche de 2%.

Les observateurs s’attendent à des décisions en fin d’année, avec un rythme plus rapide des achats d’actifs et/ou une baisse des taux d’intérêt.

(L'essentiel/AFP)