Crise de l'immobilier

18 octobre 2021 09:34; Act: 18.10.2021 09:45 Print

La croissance chinoise a ralenti au 3e trimestre

Le tassement de la croissance économique chinoise (+4,9% sur un an) s’explique notamment par la crise de l’immobilier et des pénuries d’électricité.

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Bien que sujet à caution, le chiffre officiel du PIB de la Chine est toujours scruté de près, compte tenu du poids du pays dans l’économie mondiale. (photo: AFP)

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«Les incertitudes s’accumulent»: la Chine a vu sa croissance s’essouffler au troisième trimestre, avec une hausse du PIB de 4,9%, conséquence de la crise de l’immobilier et des pénuries d’électricité qui pénalisent les entreprises. Ce ralentissement était largement anticipé. Un groupe d’analystes sondés par l’AFP tablait toutefois sur une décélération moins prononcée (5%).

Au deuxième trimestre 2021, le produit intérieur brut (PIB) du pays avait enregistré une hausse de 7,9% sur un an, après un rebond sur la période janvier-mars (18,3%). Bien que sujet à caution, le chiffre officiel du PIB de la Chine est toujours scruté de près compte tenu du poids du pays dans l’économie mondiale. D’un trimestre à l’autre, la croissance du géant asiatique progresse de 0,2% seulement, un rythme bien inférieur à celui de la période avril-juin (1,3%).

«Les incertitudes liées à la conjoncture mondiale s’accumulent, tandis que la reprise intérieure reste instable et inégale», a relevé le Bureau national des statistiques (BNS). Ce ralentissement de la croissance est lié principalement à «des coupures de courant, au rebond épidémique dans certaines régions en août, à des perturbations des chaînes d’approvisionnement et au ralentissement dans l’immobilier», relève pour l’AFP, l’analyste Rajiv Biswas, du cabinet IHS Markit.

«Incertitude considérable»

Désormais quasi débarrassée du Covid-19, la Chine voit sa reprise menacée par la forte hausse du coût des matières premières, en particulier du charbon, dont le pays est très dépendant pour alimenter ses centrales électriques. Résultat: les centrales tournent au ralenti, malgré une forte demande, et l’électricité est rationnée, ce qui a fait bondir les coûts de production et pénalisé les entreprises.

En septembre, la production industrielle a ainsi progressé de 3,1% seulement sur un an, un rythme bien moindre que celui enregistré un mois plus tôt (5,3%). Les analystes tablaient certes sur un ralentissement, mais plus modéré (4,5%). Autre point d’inquiétude pour les économistes: les déboires d’Evergrande et une éventuelle faillite de ce géant de l’immobilier. Ce secteur, qui est traditionnellement l’une des locomotives de l’économie chinoise, a joué un rôle clé pour la reprise post-pandémie.

De ce fait, «une incertitude considérable demeure» pour la croissance en fin d’année, soulignait récemment dans une note la banque d’affaires Goldman Sachs. Une contagion de la crise immobilière au reste de l’économie pourrait coûter «dans le pire scénario» un à deux points de croissance à la Chine, a prévenu la banque UBS.

Les autorités ont par ailleurs lancé ces derniers mois une campagne, afin de freiner ce qu’elles considèrent comme un développement «désordonné» de l’économie. Plusieurs secteurs dynamiques (numérique, showbiz, cours de soutien scolaire…) ont été visés, faisant perdre aux firmes dans le collimateur des dizaines de milliards d’euros de valeur boursière. Ce tour de vis a créé de l’incertitude parmi les investisseurs et pesé sur la croissance.

(L'essentiel/AFP)