Huawei

07 décembre 2018 08:22; Act: 07.12.2018 11:14 Print

La presse chinoise fustige l'attitude des USA

En arrêtant au Canada une haute dirigeante du géant des télécoms Huawei, les États-Unis ont fait preuve d'une «attitude de voyou», estime la presse chinoise.

storybild

L'interpellation de Meng Wanzhou, directrice financière du numéro deux mondial des smartphones, a provoqué la colère de la Chine, qui a demandé sa libération «immédiate».

Sur ce sujet
Une faute?

La presse chinoise condamnait vendredi l'arrestation au Canada, sur demande américaine, d'une haute dirigeante du géant des télécoms Huawei, dénonçant une «attitude de voyou» destinée à contenir les ambitions technologiques du pays asiatique. L'interpellation de Meng Wanzhou, directrice financière du numéro deux mondial des smartphones, a provoqué la colère de la Chine, qui a demandé sa libération «immédiate». Une affaire qui pourrait perturber la récente trêve dans la guerre commerciale Pékin-Washington.

«Le gouvernement chinois doit sérieusement méditer sur la tendance des États-Unis à abuser des procédures judiciaires visant à freiner les entreprises chinoises du secteur des hautes technologies», prévient le quotidien Global Times dans un éditorial. «De toute évidence, Washington a recours à cette misérable attitude de voyou car il ne peut stopper la progression de Huawei sur le marché de la 5G», dénonce le journal au ton souvent nationaliste. Le quotidien anglophone China Daily estime que l'arrestation de la dirigeante est davantage guidée par des considérations stratégiques. «Les États-Unis font tout ce qu'ils peuvent pour contrer l'essor mondial de Huawei. Tout simplement parce que l'entreprise est le fer de lance des firmes chinoises compétitives dans le secteur des technologies», affirme le journal.

«Il n'y avait pas une trêve avec les États-Unis?!»

Les produits Huawei sont utilisés par des opérateurs téléphoniques dans le monde entier, notamment en Europe et en Afrique. Mais le groupe connaît des déboires aux États-Unis, où il a été banni des projets d'infrastructures pour des raisons invoquées de sécurité nationale et de craintes d'espionnage au profit de Pékin. Sur le réseau social Weibo, une majorité d'internautes dénonçaient l'arrestation de Meng Wanzhou. Le but est de maintenir l'économie chinoise dans «les secteurs industriels à faible valeur ajoutée», fustige un utilisateur de la plateforme. «Il n'y avait pas une trêve avec les États-Unis?!», s'étonne un autre, en référence à la suspension de la guerre commerciale décidée le week-end dernier par les présidents chinois Xi Jinping et américain Donald Trump.

«Le gouvernement chinois demande sa libération immédiate. Mais est-il sûr que Mme Meng est innocente? C'est de l'ingérence dans les affaires intérieures d'un pays tiers, ce qu'il dénonce pourtant à longueur de temps...», s'interroge un internaute plus critique. La raison de l'arrestation de Mme Meng n'a pas été révélée. Des informations de presse affirment que Washington la soupçonnerait de violation des sanctions américaines contre l'Iran.

(L'essentiel/afp)