Aéronautique

21 octobre 2019 14:31; Act: 21.10.2019 14:44 Print

La pression monte sur Boeing et son 737 MAX

L'action de Boeing souffre, après la divulgation de messages entre employés révélant que le système automatique qui devait empêcher le 737 MAX de partir en piqué le rendait difficile à piloter.

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Les 737 MAX de Boeing sont toujours cloués au sol.

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Boeing était sous pression lundi, en raison de l'accumulation des doutes sur la transparence de l'entreprise, après des messages d'un ancien employé faisant état de possibles problèmes du 737 MAX, avant deux accidents qui ont fait 346 morts. Le titre perdait 1,51% vers 14h, dans les échanges électroniques à Wall Street, une trajectoire baissière prise déjà vendredi, quand il avait plongé de 6,79%.

Cette chute était due à la divulgation par une commission parlementaire de messages entre employés révélant que le système automatique, le MCAS, qui devait empêcher l'avion de partir en piqué, le rendait difficile à piloter en simulateur.

Des échanges accablants

Dans un de ces échanges sur messagerie instantanée qui date de novembre 2016, soit un an avant la certification du 737 MAX et deux ans avant le premier accident, Mark Forkner, à l'époque un pilote de Boeing, disait à un collègue à propos du MCAS: il «déraille dans le sim (NDLR: le simulateur)». «Bon je t'accorde que je suis nul en pilotage, mais ça c'était scandaleux», poursuivait le pilote dans cette conversation avec un collègue, Patrik Gustavsson. Ce dernier a fait remarquer qu'il allait falloir actualiser les instructions dans le manuel de vol.

De fait, huit mois avant les échanges rendus publics vendredi, M. Forkner avait demandé à l'agence fédérale de l'aviation (FAA) s'il pouvait ne pas faire mention du MCAS dans le manuel de vol. Le régulateur, convaincu que le dispositif informatique n'était ni dangereux ni amené à intervenir souvent, avait donné son feu vert. Un porte-parole de la FAA a précisé que l'autorisation du régulateur n'était pas requise. «En gros, ça veut dire que j'ai menti aux régulateurs (sans le savoir)», répond alors M. Forkner, ce à quoi son collègue ajoute: «Ce n'était pas un mensonge, personne ne nous avait dit que c'était comme ça».

Boeing se défend

Que savait au juste Boeing des problèmes du 737 MAX et quand? Telles sont les questions que se posent régulateurs, experts et les marchés financiers. «Nous regrettons les craintes causées par la publication vendredi des messages du 15 novembre 2016 impliquant un ancien employé», s'est excusé Boeing, dans un communiqué, ajoutant enquêter sur «les circonstances de ces échanges».

L'avionneur affirme que M. Forkner, à qui il n'a toujours pas pu parler «directement», parlait des dysfonctionnements du simulateur de vol et non des problèmes de l'avion lui-même. «Le simulateur ne fonctionnait pas proprement et était en phase de tests», affirme Boeing. Cette ligne de défense est celle adoptée dès vendredi par David Gerger, l'avocat de Mark Forkner.

(L'essentiel/afp)