Commission européenne

19 octobre 2018 08:05; Act: 19.10.2018 09:59 Print

Le dérapage budgétaire de l'Italie irrite l'UE

Bruxelles a officiellement réclamé des «clarifications» à la coalition populiste au pouvoir en Italie sur son dérapage budgétaire «sans précédent».

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Le commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, devait remettre jeudi, en main propre au ministre italien des Finances, Giovanni Tria, une lettre de clarifications. (photo: AFP)

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Le dérapage italien est «sans précédent dans l'histoire du Pacte de stabilité et de croissance», écrit la Commission, dans un courrier où elle demande à l'Italie de lui présenter ses observations avant «le lundi 22 octobre, à midi». Bruxelles pointe un risque de «non-conformité grave» avec les règles européennes, qui pourraient l'amener à rejeter ce budget, ce qui ne s'est encore jamais produit dans l'histoire de l'UE.

Les autres pays de la zone euro, soumis aux mêmes règles budgétaires, observent de près les échanges entre l'Italie et la Commission, mise au défi par le gouvernement italien, formé de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème). Le commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, devait remettre jeudi en main propre au ministre italien des Finances, Giovanni Tria, cette lettre de clarifications, avant une conférence de presse commune à Rome.

Le budget italien est «bien pensé»

«Nous savions que ce budget, pensé pour satisfaire les exigences des citoyens italiens, longtemps ignorées, n'était pas conforme aux attentes de la Commission européenne. Nous nous attendions donc à des observations», a répondu le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, sur Facebook. Évoquant un échange «normal» entre la Commission et les États membres, il a souligné que l'Italie ne serait pas la seule à recevoir une lettre.

Selon plusieurs sources, l'Espagne, la France, le Portugal et la Belgique devraient également en recevoir une, mais il s'agirait dans leur cas d'une simple demande d'informations. Le budget italien est «bien pensé, bien construit et bien réalisé», a affirmé M. Conte, qui a déjà prévenu qu'il n'existait pas pour lui de marge pour le modifier. «Le dialogue ne nous effraie pas à condition qu'il soit constructif et utile, et sans préjugés», a-t-il insisté.

«La France ne donne pas de leçon»

«Nous ne nourrissons aucune espèce de préjugé négatif», lui a répondu le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. M. Conte, qui a participé jeudi au sommet européen à Bruxelles, a multiplié les rencontres bilatérales. Interrogée en marge du sommet, la chancelière allemande Angela Merkel a renvoyé la balle à la Commission et plaidé «le dialogue» avec Rome, quand son homologue néerlandais, Mark Rutte, s'est lui dit «très préoccupé».

«Après 10 ans passés en procédure de déficit public excessif, la France ne donne pas de leçon», a pour sa part commenté le président français Emmanuel Macron. Comme l'ensemble des pays de la zone euro, l'Italie a envoyé lundi son projet de budget 2019 à l'exécutif européen. La trajectoire budgétaire présentée, avec un déficit public à 2,4% du produit intérieur brut (PIB), est très éloignée des 0,8% promis par le précédent gouvernement de centre gauche.

(L'essentiel/afp)