Hydrocarbures

04 juillet 2019 08:20; Act: 04.07.2019 10:54 Print

Le prix du brut à la merci des tensions USA-​​Iran

Les relations houleuses entre Washington et Téhéran pourraient faire grimper le cours du pétrole durant les vacances d'été.

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Selon les analystes, le détroit d'Ormuz et son débouché sont cruciaux pour l'évolution du prix du baril de pétrole et du gaz.

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Les tensions persistantes entre Washington et Téhéran pourraient faire monter les prix du pétrole à l'approche de la période estivale et son flot de vacanciers en transhumance. La récente baisse des tarifs du brut risque de n'être que temporaire, avertissent les spécialistes. «Les tensions entre les États-Unis et l'Iran représentent actuellement l'élément clé pour les prix du pétrole», estime Carlo Alberto De Casa. Selon l'analyste d'Activtrades, «une escalade de la confrontation entre les deux pays pourrait propulser les prix du pétrole vers le haut et entraîner une volatilité accrue du baril».

La croissance mondiale, les politiques monétaires et la décision de l'OPEP sur la production pétrolière représentent autant d'éléments qui pourraient également influer à moyen terme sur les tarifs de l'or noir, a précisé M. De Casa, à AWP. L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), réunie à Vienne, a décidé lundi de prolonger de neuf mois les plafonds de production en vigueur pour soutenir les cours. Cette décision intervient alors que les prix restent sous pression en raison de l'abondance de l'offre et d'une consommation mondiale plus faible, pénalisée par la morosité conjoncturelle.

Téhéran a franchi une limite

Malgré cette tentative de faire remonter les tarifs, les prix du pétrole ont en partie reculé, les investisseurs s'inquiétant actuellement du ralentissement de l'économie mondiale. Mercredi, vers 11h30, le prix du Brent évoluait en baisse de 3,8% à 62,62 dollars le baril, tandis que le WTI américain progressait de 0,6% à 56,65 dollars. Depuis le début de l'année, les prix de l'or noir se sont cependant envolés, de 14,5% pour le Brent et de 20,9% pour le WTI.

Si les relations houleuses entre l'Iran et les États-Unis sont dans l'immédiat passées en arrière-plan, une nouvelle flambée des tensions n'est pas à exclure. Téhéran a en effet franchi lundi la limite imposée à ses réserves d'uranium faiblement enrichi par l'accord de 2015 sur son programme nucléaire. «L'Iran joue avec le feu», a immédiatement réagi le président américain Donald Trump.

Cette annonce intervient sur fond de tensions vives entre les deux pays, qui «laissent penser que le gouvernement américain devient de plus en plus nerveux concernant la région», estiment les analystes de Mirabaud Securities dans une note. Selon ces derniers, «le détroit d'Ormuz et son débouché sont cruciaux pour l'évolution du prix du baril de pétrole et du gaz, au même titre que l'offre et la demande». La situation dans ce lieu hautement stratégique est «à surveiller de très près», ajoute le courtier genevois.

Opérations de couverture

Les tensions géopolitiques et leur potentiel impact sur les prix du pétrole arrivent au moment où une grande partie de l'Europe s'apprête à partir en vacances. Les prix des produits pétroliers, comme l'essence et le gasoil, pourraient en cas de crise s'envoler. «Il y a un juste milieu autour de 60 dollars» pour les prix du pétrole, estime Stéphane Garelli. «Ce niveau est politiquement acceptable, les producteurs de pétrole aux États-Unis sont profitables et l'économie fonctionne. Si le prix dépasse les 70 dollars, les gens vont commencer à souffrir, notamment au niveau des prix à la pompe», a averti le professeur d'économie à l'institut IMD.

L'impact pour les consommateurs est en effet le plus direct au niveau des prix pratiqués par les stations de carburant. Les grands groupes se sont quant à eux prémunis d'éventuelles fluctuations par des opérations de couverture. Chez Hotelplan, les compagnies aériennes définissent les prix et les transmettent au voyagiste qui les transfère à son tour aux clients. «Les prix sont ajustés au jour le jour pour tenir compte des variations des prix du pétrole et des taux de change», indique une porte-parole.

(L'essentiel/afp)