Finance mondiale

06 septembre 2018 08:08; Act: 06.09.2018 13:57 Print

Les banques européennes sont distancées

Les acteurs du secteur bancaire européen sont à la traîne par rapport à leurs rivaux américains et asiatiques, dix ans après la crise financière, souligne un expert.

storybild

Au siège de la banque BNP Paribas, à Paris. (photo: AFP/Eric Piermont)

Sur ce sujet

Dix ans après l'éclatement de la crise financière, les banques européennes sont distancées par leurs rivales américaines et asiatiques dans le classement mondial des géants du secteur, souligne Pierre Gautier, directeur chez Standard & Poor's Global Ratings.

Comment la crise s'est-elle manifestée aux États-Unis et en Europe pour les banques?

Le choc qui s'est produit en 2007/2008 a eu des répercussions immédiates aux États-Unis, avec la disparition de Lehman Brothers. D'autres acteurs très présents dans les activités de marché, comme Merrill Lynch, ont dû être vendus. Goldman Sachs et Morgan Stanley ont dû changer de statut et devenir des banques avec accès au refinancement de la Réserve fédérale américaine. (...) Le top dix des banques américaines est donc très différent aujourd'hui de ce qu'il était avant la crise.

C'est moins le cas en Europe. En prenant le top dix aujourd'hui et il y a dix ans, on reste à peu près sur les mêmes acteurs. Cela prouve deux choses. D'une part que le secteur bancaire européen n'a pas tant changé que cela. Certains ont grossi via des acquisitions, certains ont au contraire réduit leur bilan mais la liste n'est pas très différente de celle d'avant la crise. D'autre part, cela tend à prouver que la surbancarisation du paysage bancaire européen, et sa fragmentation dans certains pays, demeure un sujet non résolu, ce qui pèse sur la rentabilité structurelle de beaucoup d'acteurs.

Du point de vue de la capitalisation boursière des grandes banques mondiales, on observe un recul significatif des grandes banques européennes dans les classements, dix ans après la chute de Lehman Brothers. Les premières places sont dorénavant occupées par les grandes banques américaines, avec des capitalisations boursières très importantes, et surtout par les banques chinoises qui ont en dix ans conquis des places dans le top dix mondial. À quelques exceptions près, les banques européennes ont un peu disparu des radars au niveau du gotha mondial.

Comment expliquer cette situation?

Après le choc de la crise des subprimes, le régulateur américain s'est montré très réactif, imposant aux banques des tests de résistance drastiques et des montants de recapitalisation très importants. Les banques américaines ont dû se recapitaliser très vite, celles qui étaient un peu trop centrées sur des activités cycliques ou de marché ont dû se développer, par acquisition ou croissance organique, dans des métiers un peu plus stables. Il y a eu un changement assez rapide du modèle d'activité des banques et un renforcement du profil financier, ce qui n'a pas été le cas en Europe, ou moins et moins fort.

En Europe, la situation a été assez différente: après l'onde de choc initiale des subprimes qui a essentiellement touché les banques avec les activités de marché, a suivi une onde de choc plus économique avec dans certains pays un effondrement des marchés de l'immobilier, dans d'autres une certaine forme de difficulté sur l'ensemble du système bancaire, le tout dans un contexte de crise de la zone euro, à partir de 2010, qui a fragilisé certains acteurs initialement épargnés par les subprimes.

Les banques européennes peuvent-elles rattraper leur retard face aux établissements américains et asiatiques à moyen terme?

Les banques européennes les plus solides, comme les banques nordiques, suisses ou du Benelux, voire des grands établissements globaux comme HSBC, ont déjà des notations en ligne avec celles des grandes banques américaines. Là où des écarts de notation persistent, c'est avec les banques situées dans des pays comme l'Italie ou à un degré moindre l'Espagne, où la crise économique et la crise immobilière ont sévèrement et durablement affaibli le secteur bancaire.

En ce qui concerne la rentabilité, les banques européennes évoluent dans une région à plus faible croissance et l'environnement de taux n'est pas non plus le même, toujours historiquement bas en Europe, ce qui grève les revenus en banque de détail. Tant qu'il n'y a pas de convergence sur ces deux points, il va être compliqué d'imaginer une convergence de la rentabilité.

(L'essentiel/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Bopa le 07.09.2018 11:11 Report dénoncer ce commentaire

    Si les banques US "vont bien" c'est tout simplement parce que l'oncle SAM fait tourner la planche à billets sans aucune retenue. Et les autres pays doivent acheter la dette US ne serait-ce que pour acheter le pétrole libellé en USD. L'Europe n'a pas ce pouvoir : d'une part le pétrole n'est pas libellé en Euro et d'autre part, la BCE ne peut pas (vraiment) faire tourner la planche à billets (ersatz; Quantitative Easing, rachat dettes des pays).

  • ça nous pend au nez le 06.09.2018 08:40 Report dénoncer ce commentaire

    Attendez la prochaine crise fiancniaire. Rira bien qui rira le dernier.

  • Grosse Bertha le 06.09.2018 11:00 Report dénoncer ce commentaire

    Pas toutes, pas toutes...

Les derniers commentaires

  • Bopa le 07.09.2018 11:11 Report dénoncer ce commentaire

    Si les banques US "vont bien" c'est tout simplement parce que l'oncle SAM fait tourner la planche à billets sans aucune retenue. Et les autres pays doivent acheter la dette US ne serait-ce que pour acheter le pétrole libellé en USD. L'Europe n'a pas ce pouvoir : d'une part le pétrole n'est pas libellé en Euro et d'autre part, la BCE ne peut pas (vraiment) faire tourner la planche à billets (ersatz; Quantitative Easing, rachat dettes des pays).

  • Grosse Bertha le 06.09.2018 11:05 Report dénoncer ce commentaire

    Est-ce vraiment un mal de ne pas avoir changé...au moins elles n'auront pas fait de nouvelles erreurs, parce que un de ces 4 cela va péter tellement fort qu'on en aura pour 50 ans dans les narines.

  • Grosse Bertha le 06.09.2018 11:00 Report dénoncer ce commentaire

    Pas toutes, pas toutes...

  • ça nous pend au nez le 06.09.2018 08:40 Report dénoncer ce commentaire

    Attendez la prochaine crise fiancniaire. Rira bien qui rira le dernier.

    • adieu-l'euro? le 06.09.2018 09:44 Report dénoncer ce commentaire

      Justement, ce sont probablement les banques européennes qui seront les premières et les plus touchées! La Deutsche Bank doit trembler...