En Europe

29 juillet 2020 13:44; Act: 29.07.2020 15:56 Print

Les banques tanguent face au coronavirus

Pertes abyssales, explosion des provisions... Les grandes banques européennes ont été fortement secouées au second trimestre par l'impact économique du Covid-19.

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L'espagnole Banco Santander a publié ce mercredi la première perte nette de son histoire, qui atteint le montant gigantesque de 11,13 milliards d'euros. (photo: AFP)

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Pertes abyssales, explosion des provisions face aux risques d'impayés: les grandes banques européennes ont été fortement secouées au second trimestre par l'impact économique de la pandémie de nouveau coronavirus. L'espagnole Banco Santander, deuxième par la capitalisation boursière dans la zone euro, a ainsi publié mercredi la première perte nette de son histoire, qui atteint le montant gigantesque de 11,13 milliards d'euros.

Les perspectives économiques désastreuses pour l'économie mondiale ont forcé la banque à réviser à la baisse la valeur de plusieurs de ses filiales, notamment au Royaume-Uni, où la branche avait été constituée dans les années 2000 par le rachat de plusieurs petites banques à un prix élevé. «Avec la crise actuelle, les perspectives de bénéfices que ces acquisitions étaient censées rapporter sont maintenant bien dépréciées», explique à l’AFP Eric Dor, directeur des études économiques de l’IESEG School of Management à Paris et Lille.

Faire face au risque d'impayés

Au total, l'impact négatif sur les comptes de Banco Santander est de plus de dix milliards d'euros. Sur l'ensemble du premier semestre, la banque espagnole a aussi vu ses provisions pour risque de crédits impayés augmenter de plus de 60% à 7 milliards d'euros. Cet argent doit lui permettre de faire face au risque de voir ses clients, particuliers et entreprises, ne pas être en mesure de rembourser les crédits en raison de la récession causée par l'arrêt de l'activité pendant des semaines au printemps afin d'enrayer la propagation du virus. Les autres poids-lourds européens sont confrontés au même problème.

La première banque allemande Deutsche Bank a quadruplé ses provisions pour risques au deuxième trimestre, essuyant ainsi une nouvelle perte nette de 77 millions d'euros. Au Royaume-Uni, Barclays a vu chuter son bénéfice net au deuxième trimestre de 91%, après avoir dû mettre de côté 1,6 milliard de livres supplémentaires pour faire face au risque d'impayés. Au total, les provisions de la banque britannique atteignent 3,7 milliards d'euros au premier semestre.

«Dividendes repoussés»

«Les retombées de la pandémie du coronavirus vont provoquer une forte hausse des pertes sur créances irrécouvrables chez les banques européennes. Les prêts aux PME et à la consommation sans garantie seront les plus durement touchés», analyse l'agence de notation financière Moody's dans un récent rapport. «Les petites entreprises ont souvent moins de flexibilité financière que les grandes, tandis que les consommateurs vont voir leurs revenus baisser et le chômage augmenter fortement», détaille Moody's.

Avec ses comptes sous forte pression, Barclays attendra la fin de l'exercice pour se prononcer sur le versement d'un dividende qui mobilise beaucoup de capital. De son côté, Santander envisage un paiement du dividende 2019 sous forme d'actions, repoussant le paiement en liquide «au moment où les conditions de marché se normaliseront». Malgré les temps difficiles qui s'annoncent, «l'industrie (bancaire européenne) semble assez solide pour supporter le choc économique et les crédits impayés» car le secteur vient de passer «une décennie à renforcer ses bilans comptables» depuis la crise financière de 2008, rappelle le cabinet Oliver Wyman dans une note.

Pour les banques européennes, «les pertes provoquées par la Covid-19 représenteraient moins de 40% de celles enregistrées pendant la crise financière mondiale de 2008-2010», estime ce cabinet. En outre, les mesures prises par les différents gouvernements pour aider ménages et entreprises devraient aider les banques à amortir le risque d'impayés, estiment plusieurs analystes. Toutefois, ce soutien «ne compensera pas totalement» le choc de la crise sanitaire, prévient Moody's. La capacité réelle des emprunteurs à rembourser leurs crédits «ne sera connue qu'une fois que ces mesures seront levées», souligne l'agence.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • On n est pas des pigeons le 29.07.2020 14:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vous m’expliquez alors pourquoi la bourse est en super profit depuis mi-mars? On veut nous faire avaler des couleuvres. Et attention, ils veulent que l’argent liquide disparaisse et ils peuvent aussi confisquer le cash sur nos comptes

  • vino le 29.07.2020 14:06 Report dénoncer ce commentaire

    le virus a tout simplement accéléré leur mal....elles étaient déjà bien malades avant!!!!!

  • Banque & Casino le 29.07.2020 16:46 Report dénoncer ce commentaire

    Si les banques avaient une gestion de bon père de famille, toutes ces crises n'existeraient pas. Mais on préfère prendre de gros risques et surpayer de très mauvais gestionnaires. Si ça tourne mal, c'est le peuple qui payera la facture.

Les derniers commentaires

  • Rigoberta Menchu le 30.07.2020 16:22 Report dénoncer ce commentaire

    Bon, s'il faut que les contribuables mettent la main à la poche pour que les banquiers aient leur bonus, n'hèsitez pas M. le Ministre.

  • Max le 30.07.2020 11:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ayant travaillé pour les banques je peux affirmer qu’ils en veulent toujours plus et ils sont jaloux des GAFAM et en voudraient autant. C’est un cancer. Faut arrêter de spéculer sur du virtuel. Je n’ose croire qu’ils gèrent leurs comptes personnel comme ils gèrent l’argent des autres !

  • Robert le 30.07.2020 11:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vous parlez de super profit de la bourse ces derniers temps mais ça démontre votre méconnaissance du fonctionnement de la bourse. Vous oubliez de mentionner la baisse de mars et vous oubliez aussi la masse de tous les petits boursicoteurs qui se sont mis à investir (spéculer) en se voyant déjà loups de wall street (et encouragé par des politiques). Ces mêmes nouveaux boursicoteurs qui s'offusquaient des dividendes payés en crise et qui, l'année prochaine, s'offusqueront de ne pas en recevoir.

    • Resources based economy le 30.07.2020 13:23 Report dénoncer ce commentaire

      La spéculation est le cancer généralisé de notre système, l'agonie sera longue, mais ce système est invivable à long terme, point à la ligne! Je suis pour la fin de ce monde de spéculation et de dividendes dénué de toute humanité! Dans quelques siècles, on nous prendra pour retardés mentaux cupides! Si l’humanité s'en sort, car çà, c'est pas encore gagné! Notre seul salut, c'est de reconstruire une économie basée sur nos ressources et leurs partages avec parcimonie, sinon, c'est la Terre qui prendra sa revanche, d'une façon ou d'une autre, et çà fera mal, ça a déjà commencé d'ailleurs!

  • bibi le 30.07.2020 07:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il ne peut pas y avoir de lien entre le coronavirus et la perte abyssale de la banque. ...

  • On n est pas des pigeons le 29.07.2020 23:27 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ok si on parle de Banques de détails mais le cash se fait avec la trésorie qui place le cash reçu ou en dépôt et les traders qui sont derrières. Ce n est pas autant que ça la cata. Ils veulent une croissance annuelle à 2 chiffres, ça doit s arrêter aussi à un moment

    • Flep le 30.07.2020 14:56 Report dénoncer ce commentaire

      Les dépôts des clients (comptes courant et épargne) sont placés tous les soir à la banque centrale qui facture 0,6% de ce montant aux banques. Il est loin le temps où l'épargne des clients permettait aux banques de se faire du profit facilement.