En Californie

18 octobre 2020 10:04; Act: 18.10.2020 10:06 Print

Les chauffeurs Uber divisés sur un référendum

Le 3 novembre, jour de l’élection présidentielle, les Californiens sont également appelés à se prononcer au sujet d’Uber. La loi fait débat au sein même des chauffeurs.

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Ce chauffeur Uber défend la «Proposition 22» formulée par Uber et son concurrent Lyft. (photo: AFP)

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«Si vous êtes un chauffeur, vous n’êtes rien pour Uber», fulmine Karim Benkanoun. Il fait partie des conducteurs californiens qui voudraient être reconnus comme des employés, et non des travailleurs indépendants, et votera «non» le 3 novembre, contre le compromis avancé par le géant de la réservation de voitures avec chauffeur (VTC). «Ils nous considèrent comme des entrepreneurs, mais on n’a pas notre mot à dire sur le contrat», explique-t-il. «Ils sont maîtres de la relation, ils décident de tout pour nous».

Le 3 novembre, jour des élections aux États-Unis, les citoyens californiens sont également appelés à se prononcer sur la «Proposition 22», formulée par Uber et Lyft, son concurrent américain, pour préserver leur modèle économique. Ces groupes refusent d’appliquer la loi de l’État, entrée en vigueur en janvier, qui leur impose de requalifier leurs dizaines de milliers de chauffeurs en salariés, et donc de leur accorder des avantages sociaux (assurances maladie et chômage, congés payés, heures supplémentaires...).

Flexibilité

Une telle transformation représenterait un investissement considérable pour les leaders de la «gig economy» (économie à la tâche), qui n’ont jamais réussi à dégager de profit. À la place, ils proposent des compensations: un revenu minimum garanti, une contribution à une assurance santé et d’autres assurances, en fonction du nombre d’heures travaillées par semaine. «C’est leur grand mot, la flexibilité!» s’agace Sharkee au volant de son monospace, derrière la bâche transparente qu’il a fixée avec de l’adhésif entre les sièges.

Ce chauffeur conduit pour Uber depuis cinq ans, à San Francisco. Il se sent acculé par l’entreprise, dont les promesses résonnent pour lui comme des intimidations. «Ils menacent de tout arrêter ou de limiter nos heures. Mais moi je veux bien être employé, avoir des congés payés et ne plus bosser 15 heures par jour!» Sergei Fyodorov, au contraire, tient à la possibilité de travailler quand il le souhaite, c’est-à-dire principalement le week-end, quand il va voir sa famille à une heure de son domicile.

Ce manager dans une entreprise technologique conduit parce qu’il aime «rencontrer des gens» et aussi pour gagner des revenus complémentaires, notamment entre deux postes. «C’était l’idée, à la base : se faire des revenus complémentaires», insiste-t-il. «Si vous arrivez à en vivre, tant mieux, (…) mais pour moi c’est surtout pratique pendant les études ou le chômage». Selon Lyft, 86% de ses chauffeurs californiens conduisent moins de 20 heures par semaine et veulent garder le contrôle de leur emploi du temps, parce qu’ils sont étudiants, retraités ou ont un autre emploi. «Des centaines de milliers d’emplois disparaîtraient» si la Proposition 22 était rejetée, affirme Geoff Vetter, porte-parole de la campagne pour le «oui». «Même si ces services semblent omniprésents dans nos vies, ils n’ont même pas dix ans».

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Merci Bettel le 18.10.2020 12:51 Report dénoncer ce commentaire

    Les chauffeurs Uber, on dirait les chauffeurs webtaxis, 12 heures/nuit sur 6 nuits/semaine pour 2500 Eur. Et virés au bout de 3 ans en moyenne pour faute grave sans chômage car plus de points sur le permis. Quand on travaille 72/semaine de nuit sur la route, il est impossible de garder son permis à cause de la fatigue épouvantable. J'ai vu des chauffeurs s'endormir aux feux. Les syndicats savent cela, les juges aussi, mais tout le monde trouve ça normal. C'est normal.

  • Pas tous sur le même pied d'égalité le 18.10.2020 10:26 Report dénoncer ce commentaire

    Bien sûr si vous avez un autre job stable d'employé et que ce job est à côté pour un revenu supplémentaire, ça peut fonctionner... mais devoir se faire un revenu normal complet dans ce système d'emploi sous le statut précaire d'indépendant à temps plein ( sans pouvoir négocier les conditions de votre contrat ) et sans aucune sécurité de soin de santé, dans cette " flexibilité " mise en avant , ça c'est une autre histoire d'en vivre dignement. Etre indépendant ce n'est pas la même chose que d'être salarié. Encore plus difficile dans un système de santé qui ne fonctionne pas comme en Europe

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  • Merci Bettel le 18.10.2020 12:51 Report dénoncer ce commentaire

    Les chauffeurs Uber, on dirait les chauffeurs webtaxis, 12 heures/nuit sur 6 nuits/semaine pour 2500 Eur. Et virés au bout de 3 ans en moyenne pour faute grave sans chômage car plus de points sur le permis. Quand on travaille 72/semaine de nuit sur la route, il est impossible de garder son permis à cause de la fatigue épouvantable. J'ai vu des chauffeurs s'endormir aux feux. Les syndicats savent cela, les juges aussi, mais tout le monde trouve ça normal. C'est normal.

  • Pas tous sur le même pied d'égalité le 18.10.2020 10:26 Report dénoncer ce commentaire

    Bien sûr si vous avez un autre job stable d'employé et que ce job est à côté pour un revenu supplémentaire, ça peut fonctionner... mais devoir se faire un revenu normal complet dans ce système d'emploi sous le statut précaire d'indépendant à temps plein ( sans pouvoir négocier les conditions de votre contrat ) et sans aucune sécurité de soin de santé, dans cette " flexibilité " mise en avant , ça c'est une autre histoire d'en vivre dignement. Etre indépendant ce n'est pas la même chose que d'être salarié. Encore plus difficile dans un système de santé qui ne fonctionne pas comme en Europe