Brexit

12 janvier 2021 14:01; Act: 12.01.2021 16:20 Print

Les entreprises britanniques dans un casse-​​tête

Une dizaine de jours après la sortie effective du Royaume-Uni de l'Union européenne, les entreprises britanniques se débattent avec les formalités administratives du Brexit.

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Les services financiers se retrouvent en situation de «no deal» de facto. (photo: Wikimedia Commons )

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Une dizaine de jours après la sortie effective du Royaume-Uni de l'Union européenne, les entreprises britanniques se débattent avec les formalités administratives et effets retors du Brexit. Le ministre Michael Gove a averti de «perturbations importantes» aux points d'entrée dans le pays dans les jours à venir en raison des formalités administratives supplémentaires qui ralentissent le trafic, ce qui nuit particulièrement à la circulation des produits frais.

Logistique

Entre ralentissement aux points d'entrée notamment le port de Douvres, et réduction des droits d'arrêts à un stop au lieu de trois pour déposer ou prendre des biens à livrer dans l'UE, le secteur des transports voit sa vie compliquée. Les entreprises de logistique essaient de moins dépendre du port de Douvres et en Irlande notamment, elles tentent de contourner le Royaume-Uni et ses complications actuelles, quitte à prendre des chemins plus longs mais qui restent dans l'UE.

Manufacturier

Les secteurs les plus touchés par le Brexit pour l'instant sont les produits minéraux et métaux, les machines et équipements électriques, la chimie et les textiles, qui dépendent largement d'importations de produits ou pièces détachées provenant de l'étranger hors UE, et donc soumis à la «règle d'origine». D'après elle, un bien est soumis à un droit de douane s'il est arrivé de l'étranger sur le sol britannique puis réexpédié tel quel vers l'UE.

Distribution

D'après une fédération de routiers, la chaîne d'approvisionnement en Irlande du nord est «au bord de l'effondrement», confrontés à des retards de livraison liés aux formalités additionnelles, en plus de la règle d'origine et de droits de douane sur certains produits. Les supermarchés «rencontrent des difficultés considérables» pour remplir leurs rayons depuis le 1er janvier, et la mise en place de contrôles douaniers, à la fois sanitaires et réglementaires, les vérifications pour entrer dans l'UE se faisant dorénavant dès la frontière avec le Royaume-Uni.

Résultat: l'enseigne de grands magasins Debenhams, déjà en dépôt de bilan, a fermé son site de vente en ligne en Irlande, et la célèbre épicerie fine Fortnum and Mason a suspendu ses livraisons dans l'UE. «Au moins une cinquantaine de nos membres font face à des droits de douane potentiels», reconnaît l'association des commerçants britanniques, le BRC (British Retail Consortium).

Pêche

Les exportateurs écossais de fruits de mer se disent menacés par le poids de la paperasserie post-Brexit, craignant de voir une partie de leurs produits périssables et destinés au marché européen finir à la poubelle. Les fruits de mer écossais sont principalement exportés vers le nord de la France, d'où ils sont ensuite expédiés vers le reste de l'Europe.

Des pêcheurs européens se plaignent de leur côté de contrôles renforcés des garde-côtes britanniques. Conséquence de cette vigilance des autorités britanniques, un chalutier irlandais a été empêché lundi de jeter ses filets au large de l’Écosse. Cette vigilance peut s'expliquer par la déception des pêcheurs britanniques, qui espéraient «retrouver la jouissance exclusive de leurs mers territoriales», a rappelé à l'AFP le directeur général du comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), or, «l'accord prévoit que ceux qui ont acquis des droits pourront continuer à pêcher».

Certains représentants de pêcheurs en France réclament aussi la réactivation du traité de la Baie de Granville, qui permettait aux pêcheurs européens l'accès aux eaux territoriales de l'île anglo-normande de Jersey, qui refuse pour l'instant.

Services financiers

Tout juste effleurés par le traité commercial post-Brexit entre l'UE et le Royaume-Uni, ils se retrouvent en situation de «no deal» de facto, rappelle Tej Patel, du cabinet de conseil Capco. Les entreprises de services financiers britanniques, dorénavant privées de leur «passeport» vers l'UE, attendent de recevoir d'hypothétiques équivalences, des autorisations d'exercice cantonnées à des domaines spécifiques (courtage de dérivés, d'actions, compensation, etc.) et facilement révocables. La Commission européenne ne semble pas près d'en accorder de nouvelles en plus des deux seules déjà octroyées (notamment la compensation de transactions sur les dérivés, opérée en très grande majorité dans la City), et a demandé des «informations supplémentaires» aux autorités britanniques.

Face à ce flou juridique à horizon de quelques mois, beaucoup ont décidé de transférer les transactions portant sur les titres d'entreprises européennes vers leurs filiales européennes, d'où une vaste migration estimée par S&P à 6 milliards de livres (6,71 milliards d'euros) de fonds, dès lundi, la semaine dernière.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • JP L le 12.01.2021 15:56 Report dénoncer ce commentaire

    Prévisible! Les britanniques ont voulu le Brexit, qu'ils en gèrent les conséquences!

  • WWIII le 12.01.2021 14:40 Report dénoncer ce commentaire

    Donc grâce aux Brexit 6.71millards d'euros sont à présent gérés sur le continent plutôt qu'outre-manche rien que chez S&P ?! C'est une très bonne chose dans ce cas, continuons ainsi pour asphyxier la city. Londres sans une City forte, ce n'est plus Londres...

  • mondalenver le 12.01.2021 15:08 Report dénoncer ce commentaire

    qu'elles demandent de l'aide aux paysans qui ont voté pour le brexit

Les derniers commentaires

  • Marcel le 13.01.2021 11:58 Report dénoncer ce commentaire

    Le montant de 6 milliards c'est celui des transactions, pas des frais encaissés par les intervenants. Manipulation classique : lancer un gros chiffres en sachant que beaucoup de gens vont l'interpréter de travers. Genre "il y aurait, d'apprès les estimations (!) 15 mia d'actifs de français situés au Luxbg". Interprétation erronée : 15 mia en moins pour le budget de l'Etat FR. Alors qu'en fait ce que "perd" le fisc FR ce sont les taxes sur des intérêts quasi-nuls soit quasiment rien.

  • Kli le 13.01.2021 09:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les Brexiters un jour comprendont que le UK est bien petit face a l’immense Chine, aux US et a l’UE.

  • nana le 13.01.2021 08:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et tous les négociateurs qui se disent épuisés n’avaient pas prévu tout ça ! Sont pas fortiches

  • nana le 13.01.2021 08:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pour info Standard and Poors est une agence de notation pas un établissement financier.

  • blu le 13.01.2021 08:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et les fournisseurs français s’en prennent aux transporteurs et aux organismes en douane en leur disant qu’ils sont des incapables lorsque ceux ci leur disent que les papiers sont mal renseignes.