Selon Juncker

12 novembre 2012 12:02; Act: 12.11.2012 13:22 Print

«Les Grecs ont tenu leurs promesses»

Le rapport de la Troïka sur la Grèce a été remis dans la nuit de dimanche à lundi aux dirigeants européens et il est «fondamentalement positif», selon le chef de file de l'Eurogroupe.

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Antonis Samaras, Premier ministre grec, a reçu les félicitations de Jean-Claude Juncker. (AP)

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La zone euro va éplucher lundi soir le rapport des principaux bailleurs de fonds d'Athènes qui vient de lui être remis et tenter d'avancer sur le dossier grec alors que le pays, menacé d'asphyxie, attend désespérément une aide financière de plus de 30 milliards d'euros. «Le rapport de la troïka est fondamentalement positif car les Grecs ont tenu leurs promesses. Maintenant c'est à nous de tenir les nôtres», a affirmé lundi le chef de file de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. Il a prévenu qu'il n'y aurait pas de décision définitive sur le déblocage de l'aide pour le pays lors de l'Eurogroupe, qui débute à 17h.

Athènes attend le versement d'une tranche d'aide de 31,2 milliards d'euros, bloquée depuis juin, ainsi qu'une autre tranche de 5 milliards d'euros. Faute de recevoir de l'argent frais, le pays risque la cessation de paiement car il doit rembourser pour 5 milliards d'euros d'obligations ce vendredi. Prenant les devants, il va lancer un emprunt exceptionnel mardi qui servira à rembourser une partie de cette créance et tenter de lever pour plus de 3 milliards d'euros. Malgré cela, «nous avons besoin de la tranche, car la situation des réserves de l'État est limite», a insisté le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras.

Possible de ramener la dette grecque à 120% du PIB en 2020?

Pour obtenir cette aide financière, le pays a adopté un programme d'ajustement budgétaire musclé comprenant d'une part des économies de 18 milliards d'ici 2016 et d'autre part, un budget pour 2013 imposant neuf milliards d'euros d'économies qui a été approuvé dimanche soir par le Parlement. «Je suis tout à fait impressionné par les récentes performances politiques de la Grèce. La Grèce est en train d'accomplir pas à pas ce à quoi nous nous attendions en termes d'obligations», s'est félicité M. Juncker. Malgré ce satisfecit, les ministres des Finances de la zone euro devraient au mieux aboutir à un accord de principe lundi soir, car certains pays, en premier lieu l'Allemagne, doivent obtenir l'aval de leur Parlement avant toute nouvelle décision sur la Grèce.

En outre, ils ont «besoin de clarifications concernant la soutenabilité de la dette grecque», a indiqué M. Juncker. Beaucoup d'analystes considèrent en effet qu'il est irréaliste de ramener la dette grecque à 120% du PIB en 2020, comme prévu jusqu'ici. «La question est de savoir si l'objectif de 120% du PIB constitue le dernier mot, ou si nous prolongeons un peu cette période», a expliqué M. Juncker. Autre question: «est-ce que nous donnons deux ans de plus» à Athènes pour mener à bien son ajustement budgétaire, comme elle le demande ? Ce délai de deux ans fait l'objet d'un relatif consensus, mais a un coût qu'il faut financer, évalué entre 15 et 30 milliards d'euros, selon les sources.

Se mettre d’accord sur un calendrier

Problème: les créanciers se renvoient la balle. La Banque centrale européenne (BCE) refuse d'accepter des pertes sur les obligations grecques qu'elle possède, le Fonds monétaire international (FMI) refuse de remettre au pot et laisse cette responsabilité à la zone euro, qui exclut tout nouveau prêt, synonyme de troisième plan d'aide à la Grèce. Plusieurs solutions sont à l'étude: un abaissement des taux d'intérêt des prêts à la Grèce ou un rachat par le pays d'une partie de sa dette à prix cassés, une option «techniquement compliquée», selon un responsable européen.

Quoi qu'il arrive, le temps presse. «Il serait sage que nous nous mettions d'accord sur un calendrier», a affirmé M. Juncker «car pour éviter un défaut de la Grèce, les ministres doivent trouver une solution à court terme». Les ministres de l'Eurogroupe auront «une discussion soit cette semaine, soit la semaine prochaine», a-t-il déclaré, disant souhaiter clore le sujet avant le sommet des 22 et 23 novembre consacré au budget européen.

(L'essentiel Online/AFP)