Coronavirus au Brésil

13 septembre 2020 09:34; Act: 14.09.2020 15:22 Print

Les prix des denrées alimentaires s’envolent

Dans un contexte marqué par le coronavirus, les Brésiliens font face à une inflation exacerbée par des exportations records vers la Chine.

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La flambée est telle que le président brésilien a dû demander aux enseignes de faire preuve de «patriotisme» et de «maintenir leur marge de profit au plus bas». (photo: AFP)

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Les haricots noirs en hausse de près de 30%, le bœuf de près de 40%... Les Brésiliens font face à une flambée des prix alimentaires, provoquée en particulier par des exportations records vers la Chine, et par une demande interne vigoureuse. Cette envolée, qui survient sur fond de crise économique et sociale liée à la pandémie du coronavirus, a conduit le président brésilien Jair Bolsonaro à demander aux enseignes de distribution de faire preuve de «patriotisme» et de «maintenir leur marge de profit au plus bas».

Alors que l’indice des prix à la consommation (IPCA), mesuré par l’Institut brésilien de géographie et statistique (IBGE), a augmenté de 0,7% depuis le début de l’année, il a enregistré une hausse de 6,10% pour l’alimentation à domicile. Parmi les incontournables de l’alimentation quotidienne au Brésil, le riz a vu son prix grimper de près de 19,3%, le haricot noir a connu une inflation de 28,9%, la farine de maïs de 8,1% et l’huile de soja de 18,6%.

Appétit de la Chine

Concernant les protéines animales, l’indice des prix à la consommation calculé par la Fondation Getúlio Vargas (FGV) entre septembre 2019 et août 2020 a augmenté de 38% pour la viande bovine, de 7,5% pour la viande de volaille et les œufs et de 19,4% pour la viande de porc. Cette envolée s’explique notamment par l’appétit croissant des acheteurs étrangers, et en particulier de la Chine, dans un contexte de forte dépréciation du réal brésilien face au dollar (-36% en un an) et de guerre commerciale entre Pékin et Washington – laquelle conduit le géant asiatique à acheter davantage au Brésil.

La récolte du soja et du maïs, dont le Brésil est respectivement premier et troisième producteur mondial, selon les données du département américain de l’Agriculture (USDA), devrait cette année atteindre un niveau historique. Mais cette compétitivité sur le marché mondial a «diminué l’offre de ces denrées sur le marché brésilien», les agriculteurs préférant les exporter, explique à l’AFP André Braz, économiste de la FGV. Le volume d’exportations de soja du Brésil vers la Chine a ainsi augmenté de 29,5% entre janvier et août par rapport à la même période de l’an dernier, selon les données du ministère de l’Économie, tandis que la production brésilienne de soja doit cette année enregistrer une hausse de 4,3%.

(L'essentiel/afp)