Au Venezuela

30 septembre 2020 08:20; Act: 30.09.2020 10:53 Print

Les revenus pétroliers ont chuté de 99% en 5 ans

Nicolás Maduro a révélé mardi, que le Venezuela avait connu entre 2014 et 2019 «la chute la plus brutale de revenus d’exportation de son histoire».

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Les revenus pétroliers du Venezuela passeront de plus de 56 milliards de dollars en 2013 «à moins de 400 millions de dollars l’an dernier», a-t-il calculé. (photo: AFP)

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Le Venezuela a enregistré entre 2014 et 2019 une chute «brutale» de 99% de ses revenus pétroliers, a affirmé mardi le président vénézuélien Nicolás Maduro. «Entre 2014 et 2019, le Venezuela a connu la chute la plus brutale de revenus d’exportation de son histoire, peut-être est-ce la première fois que je fais référence à ces chiffres de manière publique: en six ans nous avons perdu 99% de nos revenus en devises», a-t-il affirmé lors d’une allocution télévisée et radiodiffusée.

Depuis 2015 «le rythme de chute des revenus d’exportation du Venezuela s’élève à 30 milliards de dollars (27,6 milliards de francs) par an», a-t-il précisé. «Ce chiffre défie l’imagination, il s’avère impossible d’imaginer même l’importance de la pression qui a été imposée à notre économie», a ajouté le président vénézuélien.

Moins de 400 millions de dollars en 2019

Selon Nicolás Maduro, à la tête du pays disposant des plus importantes réserves de pétrole brut dans le monde, «pour chaque 100 dollars obtenus en 2014 de la vente de pétrole, aujourd’hui on obtient moins d’un». Résultat, les revenus pétroliers passent de plus de 56 milliards de dollars en 2013 «à moins de 400 millions de dollars l’an dernier», a-t-il calculé.

Cette débâcle, a-t-il expliqué, «a eu pour cause principale la guerre déclarée contre les prix du pétrole», afin «d’attaquer les principaux producteurs dans le monde», et ensuite, «on est passé à la phase deux, l’effondrement, persécution totale envers l’économie et les finances du pays». Mais selon les experts, qui reconnaissent que les sanctions imposées contre le Venezuela ont «exacerbé» la crise, l’origine est à chercher dans la mauvaise gestion macroéconomique et la corruption.

Afin de combattre les effets de ces sanctions, Nicolás Maduro a présenté devant l’assemblée constituante, contrôlée par ses partisans au contraire du Parlement, une loi «anti-blocus», censée aider le pays à contourner ces sanctions. Un organisme indépendant, l’Encovi, a affirmé en juillet dernier que les indices de pauvreté avaient atteint des niveaux encore jamais vus. En 2019, 96,2% des foyers vénézuéliens étaient considérés comme pauvres et 79,3% d’entre eux comme «extrêmement pauvres», contre respectivement 92,6% et 76,5% l’année précédente.

(L'essentiel/AFP)