Facebook recrute des journalistes

22 août 2019 11:06; Act: 22.08.2019 11:39 Print

Pas de révolution attendue pour les médias en crise

Facebook va recruter des journalistes pour diffuser de l'actualité. Cela ne suffira pas à sauver un secteur des médias en pleine débâcle, préviennent les analystes.

storybild

Les journalistes de Facebook sélectionneront les nouvelles sur différents sites d'information, mais ne produiront ni n'éditeront eux-mêmes aucun contenu. (photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

La décision de Facebook de recruter des journalistes afin de ne plus se fier exclusivement aux algorithmes pour diffuser de l'actualité est un pas positif, mais ne suffira pas à révolutionner un secteur des médias en pleine débâcle, préviennent les analystes. Le géant des réseaux sociaux a annoncé mardi qu'il allait monter une petite équipe de journalistes professionnels pour sélectionner les principales nouvelles de la journée. Et ce «afin de nous assurer de mettre en avant les bons articles», a-t-il expliqué.

Cette annonce intervient alors que suppressions d'emplois et fermetures de journaux se multiplient dans un secteur des médias en pleine déconfiture, où la plupart des entreprises sont bien en peine de trouver une formule pour survivre à l'ère de l'information gratuite. Les articles apparaîtront dans un «onglet Actualités», distinct du fil Facebook traditionnel où apparaissent les contenus publiés par les amis de l'utilisateur. Les journalistes de Facebook sélectionneront les nouvelles sur différents sites d'information, mais ne produiront ni n'éditeront eux-mêmes aucun contenu. Une politique conforme au crédo de la firme californienne qui a toujours refusé de se considérer comme un média et d'endosser les responsabilités éditoriales qui vont avec.

«Pas révolutionnaire»

«En théorie, je considère que c'est un événement vraiment positif. C'est quelque chose d'assez prometteur», opine Danna Young, professeure de communication à l'Université du Delaware. Mais «ce n'est pas révolutionnaire, car cela ne va pas nécessairement transformer la façon dont les gens vont partager les histoires sur leur fil», explique-t-elle à l'AFP. «C'est là où réside le véritable pouvoir: des individus que vous connaissez, à qui vous faites confiance, qui donnent leur approbation tacite à des nouvelles en les partageant», poursuit Mme Young.

L'onglet «Actualités» sera la première fonctionnalité de Facebook faisant appel à des modérateurs humains depuis que la plateforme a fermé, l'an dernier, sa section «Trending Topics» controversée. Les équipes chargées de la modération de ces «catégories populaires» (disponibles seulement dans certains pays) étaient souvent accusées de partialité et de censure. Seule la section «Top News» de l'onglet sera animée par des journalistes en chair et en os. Pour l'ensemble des articles de toute la section informations, le choix restera largement déterminé par des algorithmes en fonction des goûts supposés et de l'historique de navigation des utilisateurs. «Notre objectif avec cet onglet "Actualités" est de fournir une expérience extrêmement personnalisée et judicieuse», a déclaré à l'AFP Campbell Brown, responsable des partenariats pour les informations chez Facebook.

Facebook et les autres grandes plateformes du web sont accusés par les médias traditionnels de s'enrichir à leur dépens, en profitant de leur coûteux et difficile travail de collecte et de vérification de l'information tout en se taillant la part du lion sur le marché de la publicité en ligne. Le rôle de Facebook dans la propagation de fausses nouvelles est par ailleurs régulièrement décrié. Pour se défendre, la firme de Mark Zuckerberg a annoncé en janvier un investissement de 300 millions de dollars (270 millions d'euros environ) sur trois ans pour soutenir le journalisme, notamment les médias locaux. La plateforme finance également des projets de «fact-checking» à travers le monde.

(L'essentiel/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.