«Princesse de Huawei»

08 décembre 2018 11:46; Act: 08.12.2018 11:50 Print

Piégée par la rivalité stratégique Chine -​​ USA

Accusée de fraude, l'héritière désignée du géant chinois des téléphones portables a été arrêtée début décembre au Canada. Les États-Unis réclament son extradition.

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Mme Meng semblait bien partie pour devenir l'une des femmes d'affaires les plus puissantes de la planète. (photo: dr)

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Elle a commencé comme secrétaire mais semblait partie pour succéder à son père à la tête de Huawei, numéro deux mondial des téléphones portables. Meng Wanzhou n'avait pas prévu de se retrouver entre-temps dans une prison canadienne, au cœur de la rivalité stratégique Chine-États-Unis. Directrice financière du géant chinois, Mme Meng a été arrêtée la semaine dernière à Vancouver et est en instance d'extradition vers les États-Unis. Selon les documents lus lors d'une audience de libération conditionnelle au tribunal de la ville canadienne vendredi, Washington la soupçonne de fraude. Elle aurait menti à plusieurs banques au sujet d'une filiale de Huawei afin de pouvoir accéder au marché iranien, en violation des sanctions américaines.

L'incident ne figurait pas dans le plan de carrière de Mme Meng, qui semblait bien partie pour devenir l'une des femmes d'affaires les plus puissantes de la planète le jour où elle succéderait à son père à la tête du groupe basé à Shenzhen (sud). Ren Zhengfei, ancien ingénieur de l'armée chinoise, a fondé Huawei en 1987 avec un capital initial de quelques milliers de dollars. A 74 ans, il reste président du groupe, désormais à la 72e place du classement des 500 premières entreprises mondiales du magazine Fortune, avec un chiffre d'affaires annuel de près de 80 milliards d'euros. Le groupe est devenu l'un des premiers fournisseurs mondiaux d'équipements pour réseaux de télécommunications, suscitant les soupçons des États-Unis et d'autres pays qui s'alarment de ses liens éventuels avec Pékin.

Dactylo

Si elle est la fille du fondateur de Huawei, les dirigeants de Huawei assurent que la promotion interne dépend du mérite. L'intéressée insiste sur ses débuts tout au bas de l'échelle. Selon les médias chinois, elle aurait raconté dans une note interne avoir commencé comme standardiste/dactylo. Elle a ensuite obtenu un diplôme de gestion en Chine avant de rejoindre les services financiers de Huawei.

Toujours selon la presse chinoise, elle faisait à ses débuts preuve d'une grande discrétion, au point que peu de gens savaient qui était son père - ne serait-ce que parce qu'elle porte depuis son plus jeune âge le nom de famille de sa mère, pour une raison inconnue. Ren Zhengfei «est un patron au travail et un père à la maison», a déclaré Mme Meng, cherchant à démontrer que son ascension n'avait rien à voir avec son état de «fille de». Dans ses interviews, elle parle du «président Ren», jamais de «mon père».

Huawei, qui n'est pas coté en Bourse, a attendu 2011 pour dévoiler la liste de ses dirigeants - révélant alors que Mme Meng occupait les fonctions de directrice financière. Le groupe dit lui devoir la réorganisation de ses services informatiques et financiers dès le début des années 2000, afin de répondre à sa croissance rapide à l'international.

Avec Poutine

À la différence des hommes d'affaires un peu ternes qui peuplent les conseils d'administration des grandes entreprises chinoises, Mme Meng a la réputation d'être souriante et accessible, en dépit de son surnom de «Princesse de Huawei». Elle s'exprimerait facilement en anglais et a pris deux prénoms à consonance occidentale, «Cathy» et «Sabrina». Elle a représenté le groupe à l'étranger, apparaissant en 2014 au côté du président russe Vladimir Poutine lors d'un forum économique à Moscou.

Agée d'environ 46 ans, Mme Meng semble éloignée du style de vie beaucoup plus mondain de sa jeune demi-sœur Annabel Yao, qui devait le mois dernier participer à Paris au Bal des débutantes, selon l'hebdomadaire Paris-Match. On ignore si elle est mariée, mais la presse chinoise lui attribue deux enfants.

La rumeur sur la succession de M. Ren voulait initialement que son fils Ren Ping soit l'heureux élu, obligeant le président du groupe à démentir en 2013 dans un courriel interne. Mais Ren Ping n'apparaît pas dans la liste des administrateurs du groupe et a pratiquement disparu des médias chinois ces dernières années, augmentant la cote de Meng Wanzhou jusqu'à son arrestation à Vancouver.

(L'essentiel/afp)

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