À la tête d'Orange

25 novembre 2021 12:33; Act: 25.11.2021 13:04 Print

Qui pour succéder à Stéphane Richard?

Le départ annoncé de Stéphane Richard de son poste de PDG d'Orange, après sa condamnation, mercredi, dans l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais, a lancé la bataille pour sa succession.

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Stéphane Richard quittera se fonctions au plus tard le 31 janvier 2022. (photo: AFP/Eric Piermont)

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À la tête de l'opérateur historique depuis 2011, Stéphane Richard va rester en place jusqu'au 31 janvier au plus tard, alors que son mandat courait jusqu'à mi-2022, et qu'il s'imaginait poursuivre dans le costume de président du groupe en lâchant les manettes opérationnelles. Cette période de quelques semaines doit laisser le temps d'auditionner les candidats pour prendre son relais et «mettre en place la nouvelle gouvernance» de l'entreprise, sur laquelle l'État, premier actionnaire avec plus de 20% du capital, aura forcément son mot à dire.

«On est plutôt favorables à des acteurs externes à l'entreprise pour apporter du sang neuf, une vision qui permette d'avoir des profils techniques», explique à l'AFP, Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC Orange, premier syndicat du groupe. «Il faut forcément quelqu'un qui ait (aussi) une dimension internationale, où le groupe réalise une grande partie de son activité. Il n'y a pas beaucoup de profils en interne qui cochent les deux cases», ajoute-t-il.

Des noms circulent

Plusieurs profils extérieurs sont déjà évoqués, comme Nicolas Dufourcq, actuel directeur de la banque publique d'investissement Bpifrance et ancien de France Télécom, Alexandre Bompard, PDG de Carrefour et administrateur d'Orange, ou encore Delphine Ernotte, passée chez Orange, avant de prendre la présidence de France Télévisions, selon plusieurs sources.

Parmi les candidats en interne, les noms de Ramon Fernandez, directeur général délégué, Fabienne Dulac, patronne de l'opérateur en France, ou encore les polytechniciens Michaël Trabbia, chargé de l'innovation, et Jean-François Fallacher, à la tête d'Orange Espagne, sont également cités.

«Il faut que ce soit quelqu'un qui connaisse notre domaine, qui veuille renouer le dialogue social avec les salariés. On pense que ce sera sans doute un des administrateurs actuels. On a compris que la volonté n'était pas de faire un intérim», pronostique Frédéric Pelletier, secrétaire fédéral de la CFDT chargé d'Orange.

Plus de 140 000 salariés

Un scénario étudié depuis plusieurs mois est quasi certain: la dissociation des fonctions de président et directeur général pour le prochain mandat. Plusieurs groupes dont l'État est actionnaire ont mis en place une telle gouvernance, comme Renault, après le départ de Carlos Ghosn, ou Engie, où Gérard Mestrallet est passé en 2016 de PDG à président non exécutif.

Présent dans 26 pays dans le monde, Orange est un mastodonte qui emploie plus de 140 000 salariés, dont plus de 80 000 en France, et a réalisé un chiffre d'affaires de 42,27 milliards d'euros en 2020.

(L'essentiel/AFP)