Dette colossale

15 novembre 2017 11:04; Act: 15.11.2017 11:20 Print

Ruiné, le Venezuela demande l'aide de Moscou

Une délégation du Venezuela, déclaré en défaut partiel sur sa dette, est arrivée mercredi à Moscou pour obtenir un coup de pouce financier de la Russie.

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Le Venezuela a été placé en «défaut partiel» par l'agence de notation Standard and Poor's. (photo: AFP/Federico Parra)

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Etranglé par la chute des cours du pétrole et les sanctions américaines, Caracas assure être «bon payeur» mais les mauvaises nouvelles se succèdent pour le pays où la population souffre déjà de graves pénuries d'aliments et de médicaments, faute d'argent pour les importer.

Le ministre des Finances du Venezuela Simon Zerpa est arrivé mercredi matin à Moscou, avec son collègue de l'Agriculture. Il doit y signer un accord restructurant un crédit russe de près de trois milliards de dollars accordé en 2011 pour acheter des armements russes, qui devrait consister à reporter à plus tard une grande partie des remboursements.

«Garder la face»

Mais cette opération reste loin de répondre à l'ampleur des difficultés financières de Caracas, qui cherche à restructurer une dette totale estimée autour de 150 milliards de dollars. Rien qu'envers la Russie, son deuxième principal créancier avec la Chine, sa dette est surtout constituée de diverses échéances entre entreprises, dans une relative opacité, dont six milliards de dollars versés en avance par le pétrolier semi-public Rosneft à la compagnie vénézuélienne PDVSA.

L'accord qui doit être signé mercredi permet «aux deux parties de garder la face et de gagner du temps, car désormais la question de la dette vénézuélienne ne peut plus être résolue d'aucune manière», explique Anton Tabakh, économiste en chef de l'agence de notation RAEX. Coup sur coup lundi et mardi, les agences de notation S&P Global Ratings puis Fitch ont décidé de placer le Venezuela en défaut partiel, constatant que son gouvernement n'avait pas réussi à payer, à l'issue du délai de grâce de 30 jours, des échéances sur sa dette extérieure.

«On s'en fout»

Les deux agences ont pris une décision similaire envers le fleuron de l'industrie vénézuélienne, le groupe pétrolier public PDVSA, critiqué pour avoir tardé jusqu'à une semaine pour régler deux échéances d'un montant total de deux milliards. «Nous sommes de bons payeurs malgré ce que disent les agences de notation, le département du Trésor (américain), l'Union européenne et Donald Trump», s'est défendu mardi le ministre de la Communication, Jorge Rodriguez.

«On s'en fout, nous allons payer d'un commun accord avec les détenteurs de bons», a-t-il ajouté, augurant d'un succès des négociations engagées avec les créanciers sur une restructuration de la dette. Il a toutefois nié tout problème de règlement, assurant que les versements étaient en cours.

Dimanche soir, le président socialiste Nicolas Maduro avait affirmé avec virulence que «jamais» le pays sud-américain ne se déclarerait en défaut de paiement. Le geste de Moscou envers son allié stratégique sud-américain s'ajoute au court répit obtenu par PDVSA: l'association internationale des produits dérivés (ISDA), réunie à New York, a renoncé à trancher dans l'immédiat la question d'un défaut de paiement de 1,161 milliard le concernant, en attendant d'«obtenir des informations claires sur le calendrier des paiements effectués».

(L'essentiel/afp)