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08 octobre 2020 10:49; Act: 08.10.2020 11:20 Print

Samsung, dopé par les sanctions contre Huawei

Le géant sud-coréen anticipe une hausse de 60% de son bénéfice au 3e trimestre, ses ventes de smartphones et de puces ayant profité des sanctions américaines contre Huawei.

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Le chiffre d'affaires total du groupe pèse à lui seul 20% du PIB de la Corée du Sud, 12e économie mondiale. (photo: AFP/Jung Yeon-je)

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Selon le groupe, le bénéfice opérationnel devrait atteindre les 12 300 milliards de won (9 03 milliards d'euros) entre juillet et septembre, contre 7 800 milliards au troisième trimestre 2019, une projection en ligne avec les attentes des analystes. Il s'agirait de la performance trimestrielle la plus forte du géant sud-coréen depuis deux ans. Samsung Electronics est le navire amiral du Groupe Samsung, qui est de loin le plus important des conglomérats ou «chaebols» sud-coréens. Le chiffre d'affaires total du groupe pèse à lui seul 20% du PIB de la Corée du Sud, 12e économie mondiale.

Pour James Kang, analyste chez Euromonitor International Korea, ces bonnes prévisions trimestrielles sont à mettre sur le compte de la sortie en août des deux derniers appareils haut de gamme de Samsung, le Galaxy Note 20 et le Galaxy Z Fold 2, et de la performance solide des téléphones de milieu de gamme.

«Un facteur majeur»

Mais le numéro un mondial des smartphones a aussi clairement profité des déboires de son concurrent Huawei. Le géant chinois des télécoms doit en effet composer avec l'interdiction imposée par Washington de le fournir en technologies d'origine américaine, en vigueur depuis plus de 18 mois et qui le prive d'approvisionnements en puces et logiciels capitaux pour la fabrication de smartphones et d'équipements 5G.

Les sanctions américaines contre Huawei sont désormais «un facteur majeur», ayant un réel impact sur le marché du smartphone, estime ainsi Kang Min-soo, analyste pour Counterpoint Research. «C'est une bonne opportunité pour Samsung d'augmenter sa part de marché en Europe, où la concurrence est forte avec Huawei sur différents segments du marché», a-t-il ajouté.

Six mois de réserve

Pour le géant sud-coréen, les sanctions américaines contre Huawei ont été une double bénédiction puisque que le groupe chinois a dû multiplier ses commandes de semi-conducteurs fabriqués par Samsung avant que les restrictions américaines n'entrent en vigueur. «Huawei a fait environ six mois de réserves avant l'entrée en vigueur de l'interdiction américaine au 15 septembre», a expliqué à Bloomberg MS Hwang, expert chez Samsung Securities.

«Les achats de Huawei contrebalancent la faiblesse de la demande en serveurs et rognent sur les réserves, ce qui devrait aussi avoir un impact sur les prix». S'ils regardent plus loin, les experts s'attendent à une baisse du prix des puces, dont Samsung est le premier fabricant, ce qui devrait avoir un impact négatif sur sa performance au quatrième trimestre. Le groupe est numéro un mondial des cartes mémoires et avait, sur le secteur des puces DRAM (utilisées dans les smartphones et les serveurs informatiques), une part de marché de 43,5% au deuxième trimestre, selon le cabinet TrendForce.

Surproduction et donc baisse des prix

La demande en mémoire DRAM a été dopée par le recours massif au télétravail et à l'école à la maison dans le contexte de la pandémie. Mais ces produits font désormais face à une forte surproduction, ce qui devrait entraîner une baisse des prix comprise entre 13% et 18% sur le dernier trimestre, selon TrendForce.

En dépit des prévisions optimistes du groupe, l'action Samsung Electronics a terminé jeudi la séance sur un recul de 0,5%. L'action de LG, deuxième fabricant sud-coréen d'électroménager derrière Samsung, a également décroché, de 2,9%, en dépit d'une prévision de hausse du bénéfice opérationnel de 22,7% au troisième trimestre à 959 milliards de won, ce qui serait un record.

L'héritier du groupe devant la justice

Autre défi que Samsung Electronics traîne comme un boulet depuis 2017, le sort judiciaire de son vice-président et de facto patron, Lee Jae-yong. L'héritier du groupe est actuellement rejugé dans le cadre du gigantesque scandale de corruption qui avait provoqué la destitution et l'incarcération de l'ex-présidente sud-coréenne Park Geun-hye. Il comparaît libre. Mais une éventuelle condamnation pourrait priver le groupe de son premier décisionnaire.

Samsung doit publier ses résultats pour le troisième trimestre, ainsi qu'une analyse détaillée de ses performances sectorielles, dans le courant du mois.

(L'essentiel/AFP)