Marché automobile

28 janvier 2021 10:48; Act: 28.01.2021 11:24 Print

Toyota repasse devant Volkswagen

Le géant japonais a ravi l'an dernier, à l'Allemand, la première place sur le marché automobile mondial en volume, en écoulant environ 9,53 millions de véhicules.

storybild

Le Japonais a fait mieux que ses concurrents. (photo: AFP/Philip Fong)

Sur ce sujet
Une faute?

C'est la première fois depuis 2015 que Toyota repasse en tête de ce classement. Le groupe Volkswagen a vendu l'an dernier 9,3 millions de véhicules (-15,2%), d'après des chiffres publiés plus tôt ce mois-ci. Pandémie oblige, les ventes en volume de Toyota ont sensiblement faibli l'an dernier (-11,3% sur un an), mais dans des proportions moindres que celles de son grand rival.

«Malgré la pandémie de Covid-19 (...), Toyota a été capable de poursuivre ses activités en mettant en place des mesures de prévention globales contre les infections et en travaillant avec ses partenaires, dont ses fournisseurs et concessionnaires», a commenté le groupe, dans un communiqué.

Virage stratégique chez VW

Alors que le groupe Volkswagen dépend plus fortement du marché européen, très éprouvé par la crise sanitaire, le groupe japonais a notamment bénéficié d'une solide progression de ses ventes en Chine (+10,9% l'an dernier pour ses marques Toyota et Lexus). Volkswagen a aussi entamé depuis 2018 un virage stratégique mettant davantage l'accent sur sa rentabilité - inférieure à celle de Toyota - que sur les volumes.

Les ventes cumulées l'an dernier de Toyota et Lexus ont reculé de 12,7% en Amérique du Nord et de 8,5% en Europe. Outre ces deux marques, le groupe Toyota comprend aussi ses filiales Daihatsu (petits véhicules) et Hino Motors (camions). Le groupe doit publier le 10 février ses résultats du troisième trimestre 2020/21. En novembre dernier, il avait nettement relevé ses prévisions annuelles, à la faveur d'une nette reprise de son activité. «Toyota se remet progressivement de l'impact du nouveau coronavirus» et «fait mieux que ses rivaux», a récemment commenté Satoru Takada, analyste automobile du cabinet d'études TIW, à Tokyo.

Yen fort problématique

Cet analyste a toutefois mis en garde contre un excès d'optimisme concernant les perspectives cette année de l'industrie automobile japonaise dans son ensemble. «La pénurie actuelle de semi-conducteurs force les constructeurs à réduire leurs niveaux de production, une nouvelle vague du virus touche de nombreux pays en Europe et ailleurs», a rappelé M. Takada. «Le yen fort est une autre source d'inquiétudes» car cela pourrait peser sur les bénéfices des constructeurs japonais à l'étranger, a-t-il encore ajouté.

Les japonais Nissan et Mitsubishi Motors, alliés du français Renault, ont également publié, jeudi, leurs volumes annuels de ventes, qui ont beaucoup plus chuté que ceux de Toyota. Les ventes mondiales de Nissan ont sombré de 22,2% à 4 millions d'unités, avec des pics de -32,4% en Amérique du Nord et -28,3% en Europe. Ses ventes ont aussi baissé en Chine (-5,8%). Celles de Mitsubishi Motors ont dégringolé de 33,1% à près de 820 000 unités.

Chute de 24% chez Renault-Nissan-Mitsubishi Motors

Renault de son côté avait fait part d'une chute de 21,3% de ses ventes en volume en 2020, à 2,9 millions de voitures particulières écoulées. Ainsi au total, les ventes en volume de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors se sont établies à 7,7 millions d'unités en 2020, une chute de 24% sur un an.

Avant même la crise du coronavirus qui a laminé le marché automobile mondial - en repli de plus de 14% en 2020 - les trois membres de l'Alliance avaient décidé de se concentrer sur l'amélioration de leur rentabilité plutôt que sur la course aux volumes.

(L'essentiel/AFP)