Flambée des prix du baril

21 septembre 2019 12:36; Act: 21.09.2019 12:39 Print

Un nouveau choc pétrolier est-​​il envisageable?

Le 14 septembre dernier, des attaques contre des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite ont fait resurgir le spectre d'une pénurie d'or noir.

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Les effets d'un éventuel choc pétrolier ne devraient «pas être sous-estimés».

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La soudaine flambée des prix du baril de pétrole cette semaine a fait vaguement resurgir le spectre de la pénurie d'or noir. La probabilité d'un nouveau choc pétrolier forçant les automobilistes à faire la queue aux stations-essence reste toutefois ténue, selon plusieurs analystes. Il a suffi, le 14 septembre, d'attaques contre des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite ayant temporairement réduit de moitié la production du pays pour que le cours du Brent bondisse de 15% en une seule journée.

Il est depuis redescendu et évoluait vendredi autour de 65 dollars (59 euros environ). Au vu du ralentissement de l'économie mondiale et de l'abondance de brut produit dans le monde, la perspective d'un baril à 100 dollars reste dans l'immédiat très hypothétique. Mais même si ce scénario se réalisait, «le monde est bien mieux équipé pour faire face aux chocs pétroliers qu'il ne l'était dans les années 1970», assure Harry Tchilinguirian, spécialiste des matières premières chez BNP Paribas. En 1973, à la suite d'un embargo de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) contre les alliés d'Israël en pleine guerre du Kippour, et en 1979, dans la foulée de la révolution iranienne, les prix du brut avaient bondi en quelques mois, mettant à genoux les économies développées.

La dépendance au pétrole a été réduite

«Un choc pétrolier n'aurait pas les mêmes effets dévastateurs aujourd'hui» car les pays «se sont habitués» à de tels événements et que les banques centrales «ne réagiraient pas (...) en faisant bondir les taux d'intérêt pour lutter contre l'inflation», assurent les économistes de Commerzbank. Surtout, les économies «ont réduit leur dépendance au pétrole», ajoutent-ils. La consommation aux Etats-unis par exemple a augmenté, passant de 17,3 millions de barils par jour (mbj) en 1973 à 20,5 mbj en 2018, une hausse de 18% quand le produit intérieur brut réel du pays s'est envolé de 230%. En Allemagne, les ménages n'ont consacré en 2018 que 2,6% de leur budget aux carburants.

Les économies sont devenues moins gourmandes en pétrole, grâce aux transports et aux industries moins énergivores ainsi qu'aux sources alternatives comme le gaz ou les énergies renouvelables. Quand les prix du pétrole se sont installés durablement au-dessus des 100 dollars le baril entre 2011 et 2014, cela n'a pas conduit à un effondrement de l'économie. Le monde est aussi devenu moins dépendant de quelques pays producteurs. Le premier choc pétrolier a conduit à la création, en 1974, de l'Agence internationale de l'Energie, qui exige des pays de l'OCDE qu'ils gardent en réserve l'équivalent d'au moins 90 jours de leurs importations nettes de brut. Les réserves françaises correspondaient en juin à 111 jours.

«Les sites de production vont bien au-delà du Moyen-Orient», souligne Harry Tchilinguirian en mentionnant le pétrole de la Mer du Nord, exploité depuis les années 1980, l'exploitation en mer profonde au large des côtes d'Afrique de l'Ouest et du Brésil, ou les sables bitumineux du Canada.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Très improbable le 21.09.2019 13:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Rien ne peut se passer comme en 1974 ou en 1979. Aujourd'hui on peut extraire du pétrole depuis à peu près n'importe où dans le monde, à l'inverse de cette époque désormais révolue où non seulement les nations industrialisées en étaient réduites à manger dans la main d'une poignée de pays producteurs, mais surtout où quelques "experts" (ah on en a vu des "experts") de sinistre mémoire prédisaient un tarissement des réserves avant trente ans, c'est-à-dire vers 2004. Franche rigolade. D'autre part, les énergies renouvelables, à cette époque raillées et ridiculisées par ces mêmes "experts", vont à terme (i.e dans dix ans maximum) réduire le pétrole à une vieille photo souvenir du vingtième siècle.

  • écolo le 21.09.2019 15:17 Report dénoncer ce commentaire

    Il faudrait plutôt espérer un nouveau choc pétrolier! C'est la meilleure façon de modifier rapidement notre mode de vie dépendant du pétrole pour nos voitures et la construction. Ce n'est pas avec un pétrole bon marché que l'on va gagner le combat contre le climat.

Les derniers commentaires

  • écolo le 21.09.2019 15:17 Report dénoncer ce commentaire

    Il faudrait plutôt espérer un nouveau choc pétrolier! C'est la meilleure façon de modifier rapidement notre mode de vie dépendant du pétrole pour nos voitures et la construction. Ce n'est pas avec un pétrole bon marché que l'on va gagner le combat contre le climat.

    • Marc le 23.09.2019 13:07 Report dénoncer ce commentaire

      Bien d'accord

  • Très improbable le 21.09.2019 13:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Rien ne peut se passer comme en 1974 ou en 1979. Aujourd'hui on peut extraire du pétrole depuis à peu près n'importe où dans le monde, à l'inverse de cette époque désormais révolue où non seulement les nations industrialisées en étaient réduites à manger dans la main d'une poignée de pays producteurs, mais surtout où quelques "experts" (ah on en a vu des "experts") de sinistre mémoire prédisaient un tarissement des réserves avant trente ans, c'est-à-dire vers 2004. Franche rigolade. D'autre part, les énergies renouvelables, à cette époque raillées et ridiculisées par ces mêmes "experts", vont à terme (i.e dans dix ans maximum) réduire le pétrole à une vieille photo souvenir du vingtième siècle.