Crise au Venezuela

19 juin 2018 13:33; Act: 19.06.2018 14:42 Print

Un pays où même les millionnaires sont pauvres

Le Venezuela, autrefois pays le plus riche d'Amérique latine, est englouti par la hausse effrénée des prix à la consommation.

storybild

L'inflation a atteint 24 571% ces 12 derniers mois. (photo: AFP)

Sur ce sujet

«Nous sommes un pays de millionnaires!», s'exclame, désabusée, Elizabeth Torres, en découvrant le prix d'une boîte d’œufs: trois millions de bolivars. «Tu es millionnaire car tu paies des millions, mais (avec ça) tu as 36 œufs», soupire cette comptable en retraite de 64 ans, avant de faire les comptes: «Le salaire minimum est de 2,6 millions» par mois, pas assez pour acheter cet aliment de base. Le salaire minimum équivaut à 32 dollars au taux de change officiel mais à peine un dollar sur le marché noir, la référence de facto. Le destin est cruel pour le Venezuela, autrefois pays le plus riche d'Amérique latine grâce à ses immenses réserves pétrolières.

Désormais, y être millionnaire n'empêche pas d'être pauvre. Elizabeth n'est pas la seule à s'en plaindre: parmi les stands du marché de Chacao, dans l'est de Caracas, la folle escalade des prix est le principal sujet de conversation. Chaque jour les Vénézuéliens déboursent - ou plutôt, règlent par carte bancaire, car les billets sont introuvables - des sommes à sept ou huit chiffres pour payer le riz ou la farine de maïs. Carmen Machado, 57 ans, licenciée par une société de nettoyage de bureaux, a touché pour solde de tout compte le montant astronomique de 5,8 millions de bolivars... tout juste de quoi acheter un kilo de viande.

La faute à Maduro?

Difficile de suivre le rythme des prix, qui bougent constamment alors que selon le Parlement, contrôlé par l'opposition, l'inflation a atteint 24 571% ces 12 derniers mois (donc, des tarifs multipliés par environ 250). Face à un stand d'aliments pour animaux domestiques, Olga Avilés, 53 ans, sait que si elle achète les croquettes du chat, elle ne pourra pas prendre un kilo de viande pour sa famille. «Il faut toujours une part de sacrifice, si je dépense pour ça, je ne dépense pas pour autre chose».

Récemment, le président socialiste Nicolas Maduro a annoncé de nouveaux billets, avec trois zéros en moins, dénommés «bolivars souverains» et censés contrer «le dollar de l'empire» américain. Mais dans les faits, les tarifs de la plupart des biens et services - hormis ceux subventionnés, comme l'eau, l'électricité, l'essence ou certains aliments - sont adossés sur le dollar négocié au marché noir, à 30 fois le taux officiel.

Nicolas Maduro, réélu jusqu'en 2025 lors d'un scrutin contesté par la communauté internationale, attribue cette hyperinflation à la «guerre économique» menée selon lui par l'opposition pour le renverser. L'économiste Luis Vicente Leon y voit plutôt le symptôme du naufrage du modèle interventionniste de l'État, qui exerce un strict contrôle des changes et des prix, alors que la pauvreté atteignait 87% en 2017.

(L'essentiel/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Incroyable le 19.06.2018 14:10 Report dénoncer ce commentaire

    Situation dramatique quand on sait que le pays regorge de pétrole

  • Kli le 20.06.2018 09:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bien observé The observer, ca ne peut etre qu’un complot pour empecher la revolution bolivarienne de triompher ! En attendant, estimez vous heureux d’etre au Luxembourg.

  • Unicorn le 20.06.2018 16:02 Report dénoncer ce commentaire

    Maduro, ancien chauffeur de Bus, n'a pas la carrure d'un Chaves pour s'opposer aux imixtions des USA et de leurs pays vassaux (EU) dans la politique du pays. Les USA et les Européens veulent contrôler le pétrole de tous les pays du monde, soit par la corruption du chef d'Etat, soit en finançant l'opposition, soit en finançant des révolutions. On ne peut rien y faire, mais on est pas dupe non-plus, quand la Banque centrale du Venezuela laisse ainsi l'inflation s'envoler, et quand le FMI veut se présenter en sauveur en imposant les conditions qui conviennent aux USA.

Les derniers commentaires

  • Unicorn le 20.06.2018 16:02 Report dénoncer ce commentaire

    Maduro, ancien chauffeur de Bus, n'a pas la carrure d'un Chaves pour s'opposer aux imixtions des USA et de leurs pays vassaux (EU) dans la politique du pays. Les USA et les Européens veulent contrôler le pétrole de tous les pays du monde, soit par la corruption du chef d'Etat, soit en finançant l'opposition, soit en finançant des révolutions. On ne peut rien y faire, mais on est pas dupe non-plus, quand la Banque centrale du Venezuela laisse ainsi l'inflation s'envoler, et quand le FMI veut se présenter en sauveur en imposant les conditions qui conviennent aux USA.

  • Kli le 20.06.2018 09:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bien observé The observer, ca ne peut etre qu’un complot pour empecher la revolution bolivarienne de triompher ! En attendant, estimez vous heureux d’etre au Luxembourg.

  • Max le 20.06.2018 07:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Même si c’était du à “la volonté des pays capitalistes” (ce que je conteste fortement) cela voudrait dire que ce modèle ne marche pas si tous les autres pays n’y passent pas en même temps, donc irréaliste!

  • rené sance le 20.06.2018 07:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C’est de la propagande comme d’habitude

  • Jey le 19.06.2018 22:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @ The observer: il y a déjà eu des tentatives et toutes ont été un échec. Celle du Venezuela en est de plus. Finalement, c est toujours le peuple qui souffre de cette idéologie.