Stratégie

09 octobre 2018 08:52; Act: 09.10.2018 10:44 Print

Une polémique derrière le rachat de Sky

Désormais en passe de prendre les commandes de «Sky», après sept mois d'une guerre sans merci, le câblo-opérateur américain Comcast ne fait toujours pas l'unanimité.

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Les analystes s'indignent toujours du prix payé par l'Américain - 30,6 milliards de livres (34,8 milliards d'euros) - pour coiffer son compatriote Fox au poteau.

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«Nous aurions voulu que Comcast n'achète pas Sky», écrivaient encore vendredi, dans une note, les analystes de New Street, qui s'indignent toujours du prix payé par l'Américain - 30,6 milliards de livres (34,8 milliards d'euros) - pour coiffer son compatriote Fox au poteau. Ils ne sont pas les seuls. La plupart des analystes s'accordent à dire que Comcast est allé trop loin pour s'assurer le contrôle du groupe de télévision britannique.

«Qu'ils aient ou non surpayé, la question, c'est: est-ce qu'il y avait une alternative?», s'est interrogé Zach Fuller, analyste du cabinet MIDiA, sur la chaîne CNBC: «Cela aurait été un désastre en matière d'image pour Comcast si le rachat ne s'était pas fait (...) Ils devaient prouver qu'ils pouvaient croître au-delà de leur contingent d'abonnés américains à la télévision payante».

Une vision pertinente?

Câblo-opérateurs et géants d'Internet sont lancés dans une course à la taille qui n'a cessé de s'accélérer ces dernières années, en particulier dans le domaine du contenu, pour exister face à l'épouvantail Netflix. Avec cette acquisition, Comcast récupère les productions originales de Sky, qui a dépensé pas moins de 7 milliards de livres sur ses contenus propres cette année, et d'importants droits de retransmission sportive, en particulier le championnat anglais sur le marché britannique. Mais, au-delà du contenu, «on dirait qu'ils veulent faire oublier aux investisseurs que (Sky) est aussi un opérateur satellite», un mode de distribution «qui devient de plus en plus obsolète», ont tempéré les analystes de MoffettNathanson.

Sky dispose, dans plusieurs pays européens, d'une offre de télévision directe en ligne (OTT), sans passer par un terminal (box) ou une antenne satellite. Il va bientôt généraliser cette offre, qui peut devenir un axe majeur, selon Jeff Wlodarczak, directeur général et analyste de Pivotal Research Group. «Avec NBC (Universal) et Sky, Comcast a une chance plus réaliste de lancer une plateforme globale dans la même veine que Netflix», poursuit-il. Les analystes de New Street rappellent, enfin, que Comcast a fait la preuve à de multiples reprises de la pertinence de sa vision stratégique, notamment lorsqu'il a pris le contrôle de NBC Universal en 2011. «Nous devons leur laisser le bénéfice du doute», ont-ils estimé, «au moins au départ».

(L'essentiel/afp)