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30 janvier 2017 16:03; Act: 30.01.2017 16:42 Print

Un iPhone «Made in America»? Pas si simple

Avec l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, qui remet le «Made in America» à la mode, Apple peut-elle continuer à faire fabriquer ses appareils en Chine?

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Pour Apple, la Chine offre d'importantes sources de matières premières et une main-d'œuvre bon marché. (photo: AFP)

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Le nouveau président a juré plusieurs fois qu'il forcerait la marque à la pomme à rapatrier sa production. Pourtant, si les grands groupes se bousculent depuis l'élection pour promettre emplois ou investissements aux États-Unis, Apple fait jusqu'ici profil bas. Foxconn, l'un de ses principaux sous-traitants, envisage néanmoins d'investir 7 milliards de dollars dans une usine américaine. Officiellement, pour fabriquer des écrans plats. Mais le fondateur du groupe taïwanais, Terry Gou, a encouragé les spéculations en indiquant que ses grands clients étaient «prêts à investir (aux États-Unis), y compris Apple».

Ce dernier a refusé de commenter. Pour Trip Chowdhry, analyste chez Global Equities Research, il finira par fabriquer des appareils aux États-Unis, et pas uniquement pour faire «un geste politique». «La tendance, c'est qu'on a besoin de fabriquer des produits locaux sur des marchés locaux», afin de rendre la chaîne d'approvisionnement plus réactive et proposer des appareils «personnalisés pour chaque marché», avance-t-il.

Casse-tête logistique

Mais «les emplois d'Apple n'ont jamais été ici», explique Dan Panzica, expert en sous-traitance manufacturière chez IHS. «L'intégralité de la chaîne d'approvisionnement a été construite en Chine.» Apple bénéficie en Asie d'un complexe manufacturier dépassant largement les sous-traitants assemblant ses appareils. Il s'appuie sur un écosystème dense de fabricants de composants et pièces détachées. La Chine offre aussi d'importantes sources de matières premières et une main-d'œuvre bon marché, flexible, et très abondante pour assembler chaque année des dizaines de millions d'iPhone.

Pour Roger Kay, analyste chez Endpoint Technologies, ce serait «très difficile de répliquer» les mêmes processus avec des travailleurs américains, à moins d'opter pour une automatisation massive - remettant en cause en partie l'objectif initial de création d'emplois. Et «cela n'a pas de sens de fabriquer des téléphones ici si on doit se faire expédier tous les composants de Chine», juge Jack Gold, un autre spécialiste du secteur technologique.

(L'essentiel/AFP)