Aux États-Unis

09 avril 2016 21:42; Act: 09.04.2016 21:47 Print

Décryptages d'iPhone: la bataille n'est pas finie

Le gouvernement compte toujours forcer Apple à aider la police dans d'autres enquêtes après la bataille liée au smartphone de l'auteur de la tuerie de San Bernardino.

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Après plusieurs semaines d'un bras de fer très médiatisée entre Apple et le FBI sur le décryptage d'un iPhone en Californie, le dossier avait semblé provisoirement clos. En effet, fin mars, le gouvernement avait annoncé l'abandon de la procédure judiciaire contre Apple en Californie: il disait avoir finalement réussi à débloquer sans l'aide du groupe l'iPhone de Syed Farook, auteur avec sa femme d'un attentat meurtrier en décembre dans la ville californienne de San Bernardino.

Le répit n'a pas duré longtemps. Le ministère de la Justice a indiqué vendredi qu'il maintenait sa procédure d'appel contre une décision de la justice new-yorkaise, qui avait refusé fin février d'obliger Apple à extraire les données d'un iPhone appartenant à un membre d'un réseau de trafic de drogue.

Autres affaires

«Le gouvernement continue de requérir l'assistance d'Apple pour accéder aux données qu'un mandat autorise à rechercher», indique le document transmis par le ministère de la Justice à la juge de Brooklyn désormais en charge du dossier, Margo Brodie.

Parallèlement, une association de défense des libertés civiles, l'American Civil Liberties Union, a obtenu vendredi la levée du scellé sur une décision jusqu'alors confidentielle dans une autre procédure similaire, se déroulant dans l'État du Massachusetts (nord-est).

D'après le document rendu public sur internet par l'association, la juge de Boston Marianne Bowler avait signé début février une injonction judiciaire ordonnant à Apple d'assister les forces de l'ordre pour récupérer le contenu d'un troisième iPhone. L'appareil appartenait cette fois à un homme suspecté d'appartenir à un gang.

Créer un précédent

Apple était prié d'extraire les données de l'appareil et d'en remettre une copie aux enquêteurs, et/ou de leur fournir les codes personnels de l'utilisateur permettant d'accéder au téléphone. La décision précisait toutefois qu'Apple pouvait le cas échéant fournir aux enquêteurs des données brutes, chiffrées, et n'était «pas obligé de tenter de les décrypter, ou de favoriser d'une autre manière les tentatives des forces de l'ordre pour accéder à des données chiffrées».

Les avocats d'Apple ont vu vendredi dans la poursuite des efforts judiciaires des autorités à New-York la preuve que l'objectif était bien de créer un précédent, et d'élargir davantage l'accès dont les forces de l'ordre peuvent bénéficier.

(L'essentiel/nxp/afp)