Limites d'Internet

20 août 2016 12:54; Act: 20.08.2016 19:10 Print

Quand les trolls font la loi sur les réseaux sociaux

À cause des nombreux dérapages dont elles sont victimes, de plus en plus de personnalités quittent Twitter ou Instagram. Ces firmes sont montrées du doigt.

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Les réseaux sociaux sont de plus en plus critiqués pour leur passivité vis-à-vis des messages haineux. (photo: DPA)

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Écœurés par des flots d'insultes ou de menaces sur les réseaux sociaux, de plus en plus de stars et de journalistes ferment leurs comptes Twitter ou Instagram, accusés de devenir, par leur passivité, des «facilitateurs de haine». Dernier en date, Justin Bieber, star aux 78 millions de fans sur Instagram, a quitté le réseau après des insultes contre sa nouvelle petite amie. Plus grave, les trolls, surnom de ces insulteurs protégés par l'anonymat, déversent publiquement et sans tabou des torrents d'injures racistes, sexistes ou homophobes, allant jusqu'aux menaces de viol ou de mort.

Ce phénomène, qui peut toucher tout un chacun, est mis en évidence lorsqu'une star claque bruyamment la porte. Choquée par des propos racistes et misogynes, Leslie Jones, seule vedette noire du dernier Ghostbusters, a fermé son compte Twitter en juillet. «Je comprends la liberté d'expression, mais il faut des règles quand vous laissez cela se répandre», a-t-elle regretté en racontant avoir vécu «un enfer personnel». Cette fois, son appel a porté: le PDG de Twitter l'a contactée et certains de ses harceleurs ont été suspendus. Mais c'est loin d'être monnaie courante. Le hashtag #ModereCommeTwitter a fédéré cette semaine ceux qui ironisent sur la réactivité à géométrie variable du réseau, prompt à bloquer les reproductions de photos des JO sous copyright mais qui laisse le champ libre aux comptes racistes ou homophobes.

Des messages de haine en augmentation

Début août, l'actrice Daisy Ridley, héroïne du dernier Star Wars, a quitté Instagram, prise pour cible par des internautes d'extrême-droite après un message contre la violence par armes à feu. La semaine dernière, la chanteuse noire du groupe Fifth Harmony, Normani Kordei, victime de messages racistes, a elle aussi quitté Twitter. Très présents sur Twitter, les journalistes sont souvent visés, comme en Suède la présentatrice Anna Brolin. Après avoir signalé des messages du type «Aanna Brolin est une femme faite pour être violée et engrossée par des hommes remplis de haine», Twitter lui a répondu que ces messages ne constituaient «pas une infraction». Dégoûtée, elle a fermé son compte.

En juillet, la journaliste féministe du quotidien britannique The Guardian, Jessica Valenti, a fait le même choix, après des menaces contre sa fille de cinq ans. «La loi doit s'appliquer aux menaces en ligne. Les réseaux sociaux doivent faire quelque chose», a-t-elle plaidé. C'est aussi pour des salves d'insultes (que Twitter a refusé de bloquer) que le journaliste de l'AFP Roland de Courson, responsable du blog «Making Of», vient de fermer son compte. En France, les chanteurs Michel Polnareff et Christophe Willem, ont quitté Twitter en janvier. «L'avènement Twitter a fait apparaître le côté vil et malsain de certaines personnes jouissant de cette liberté de parole pour y répandre une haine permanente sous couvert d'un anonymat nouveau, celui de la lâcheté», a commenté Christophe Willem.

Les messages de haine ne font que croître sur les réseaux. En 2015, 27% des commentaires sur les sites d'information, contre 24% en 2014 ont été retirés par des modérateurs, pour cause de racisme (19%), insulte (22%), agression (20%) ou appel à la haine ou à la violence (15%), selon une étude de Netino et Kantar Media. Pourtant Facebook, Youtube, Microsoft et Twitter ont signé en mai dernier un code de bonne conduite avec la Commission européenne. Twitter exerce un contrôle des propos a posteriori, sur la base des signalements, s'il le juge justifié. Interrogé, le groupe a seulement rappelé ses règles qui condamnent les propos haineux. En revanche, il vient d'annoncer avoir suspendu en six mois 235 000 comptes faisant la promotion du terrorisme, domaine où il a intensifié ses efforts.

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • So simple le 20.08.2016 12:36 Report dénoncer ce commentaire

    La question est simple : les propos sont-ils légaux ou pas? Si oui, alors le problème n'est pas le réseau social mais la loi. Par conséquent c'est vos politiques qui doivent agir. Si la réponse est non, alors il suffit d'une action en justice contre l'auteur, ainsi que le réseau qui laisse en connaissance de cause et fourni le support (complicité aggravée). Ces stars ont les moyens d'ester en justice. Pourtant rien! Sinon, on peut vivre sans réseaux sociaux, je le fais en permanence ;-). Le seul regard qui compte est celui de nos proches.

  • Dany le 21.08.2016 08:43 Report dénoncer ce commentaire

    C’est bien pour cela que je ne suis sur aucun réseau social. A part whatsapp qui n’en est pas un. Jai pas besoin de tout cela pour vivre ...Vive l’amitié et les contacts réels.

  • polo le 20.08.2016 13:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Réseaux asociaux!

Les derniers commentaires

  • Liz le 27.08.2016 22:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vive l'amitié virtuelle!

  • Dany le 21.08.2016 08:43 Report dénoncer ce commentaire

    C’est bien pour cela que je ne suis sur aucun réseau social. A part whatsapp qui n’en est pas un. Jai pas besoin de tout cela pour vivre ...Vive l’amitié et les contacts réels.

  • polo le 20.08.2016 13:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Réseaux asociaux!

    • RamBo le 20.08.2016 14:18 Report dénoncer ce commentaire

      Exactement !

  • troll de chez troll le 20.08.2016 12:51 Report dénoncer ce commentaire

    Il faut un peu de dérisions et d'humour noir sur les réseaux sociaux et sites internets. Des commentaires lissent, plats et certes constructifs sont publiés d'office, mais il faut aussi de la déconne, car la détente et l'animation font partie des réseaux sociaux. On vit dans un monde où tout est trop contrôlé par autrui, l'homme a besoin de liberté et ceci est fondamental dans une démocratie tant que les limites sont respectées. Encore une fois les limites sont souvent une façon d’interprétation.

    • RamBo le 20.08.2016 14:20 Report dénoncer ce commentaire

      Ben, moi je n'ai vraiment pas besoin de ces sites finalement complètement non-sociaux pour me détendre. Un bon verre de vin rouge, discussios en 'live" avec mes copains et copines, un peu de sports, promenades, la vraie vie quoi !!!! Je laisse le "virtuel" à ceux qui sont déconnectés de la réalité. En plus, si je lis "liberté sur Internet", muhahahahaha.

  • So simple le 20.08.2016 12:36 Report dénoncer ce commentaire

    La question est simple : les propos sont-ils légaux ou pas? Si oui, alors le problème n'est pas le réseau social mais la loi. Par conséquent c'est vos politiques qui doivent agir. Si la réponse est non, alors il suffit d'une action en justice contre l'auteur, ainsi que le réseau qui laisse en connaissance de cause et fourni le support (complicité aggravée). Ces stars ont les moyens d'ester en justice. Pourtant rien! Sinon, on peut vivre sans réseaux sociaux, je le fais en permanence ;-). Le seul regard qui compte est celui de nos proches.