Décret de Trump

01 février 2017 16:28; Act: 01.02.2017 17:01 Print

Le bad buzz d'Uber profite à son concurrent Lyft

Le service de voiture avec chauffeur, critiqué après une action interprétée comme pro-Trump, s'est fait dépasser pour la première fois par son rival sur l'App Store.

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Face au nombre important de demandes de suppression de son app, Uber a dû automatiser le processus pour exécuter les requêtes d'utilisateurs remontés. La raison de ce désamour soudain pour le service de chauffeur avec voiture? Une action interprétée comme pro-Trump, à la suite de la signature du décret anti-immigration du nouveau président américain et la vague d'indignation qu'elle a suscitée dans le monde.

Dimanche, une importante manifestation contre ce décret a en effet eu lieu à l'aéroport JFK de New York. Pour soutenir les manifestants, le syndicat des taxis new-yorkais, le New York Taxi Workers Alliance, a décrété une grève entre 18 et 19 heures. De son côté, Uber a cru bon publier un message sur Twitter pour informer ses clients que la hausse des prix avait été suspendue à l'aéroport JFK. «Cela peut entraîner des temps d'attente plus longs. Patience», avait-il précisé.

#DeleteUber

À la suite de ce message, qui a été interprété comme une forme de soutien au décret de Donald Trump et comme une tentative de «casser la grève», Uber s'est vite retrouvé sous les feux de la critique. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #DeleteUber («supprimez Uber», en français) a accompagné des captures d'écran de smartphones montrant des utilisateurs sur le point d'effacer l'app.

Le patron d'Uber, Travis Kalanick, a bien tenté de se défendre sur Twitter en déclarant que «le décret anti-immigration est contraire à tout ce en quoi Uber croit» et que «des milliers de chauffeurs seront affectés». Et d'ajouter: «Je vais utiliser ma position au sein du conseil économique du président pour défendre ce qui est juste».

Lyft en profite

Uber a par la suite aussi dressé une liste d'actions prises, comme par exemple la mise à disposition d'avocats pour ses chauffeurs, la volonté de compenser les chauffeurs qui ne peuvent pas rentrer aux USA et l'ouverture d'un fonds de 3 millions de dollars pour ceux qui auraient des problèmes avec les services d'immigration. Mais le mal était déjà fait.

La polémique a en effet profité à son rival Lyft, qui de son côté s'est immédiatement rangé contre le décret de Donald Trump et a fait don d'un million de dollars à l'ACLU, l'Union américaine pour les libertés civiles. De nombreux clients déçus par Uber sont alors passés à la concurrence. Lyft a ainsi dépassé pour la première fois son concurrent en volume de téléchargements sur l'App Store aux États-Unis. En quelques jours, elle a enregistré une hausse de 180% par rapport au 22 janvier dernier.

(L'essentiel/man)