Au Nigeria

11 septembre 2019 08:49; Act: 11.09.2019 12:01 Print

Des applications de taxi-​​moto contre les bouchons

La création d'applications mobiles de taxi-moto est une petite révolution à Lagos, dans une ville où les embouteillages empoisonnent la vie et l'économie de tous.

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Yemi Adegbola avait beau se lever chaque jour à 4h du matin pour tenter d'être à l'heure au bureau, dans une banque à l'autre bout de Lagos, la tentaculaire mégalopole économique du Nigeria, rien n'y faisait. Les embouteillages finissaient toujours par le coincer. Le banquier a finalement «abandonné sa voiture» et opté pour l'une des nombreuses applications de téléphonie qui ont vu le jour ces derniers mois: ORide, Gokada ou encore MaxOkada proposent un service de taxis-motos en ligne, sur le modèle d'Uber, avec prix encadrés, chauffeurs qualifiés et casque obligatoire.

Un geste sur son smartphone, et votre conducteur de moto vous attendra en bas de chez vous, prêt à remonter les files interminables de voitures immobiles qui rôtissent sous le soleil de Lagos. Rien de nouveau sous les tropiques, direz-vous? Demandez donc aux 20 millions d'habitants de Lagos. Certes ces applications ne proposent pas encore la téléportation et existent dans de nombreuses mégalopoles à travers le monde. Mais elles sont une petite révolution dans une ville où les bouchons, communément appelés «go-slows» (va-doucement), empoisonnent la vie et l'économie de tous et où, jusqu'à présent, le taxi-moto était davantage considéré par la classe moyenne comme une tentative de suicide plutôt qu'un moyen de transport.

«Marché ouvert»

Les créateurs de Gokada (Okada signifie taxi-moto en créole nigérian) sont les premiers à avoir flairé la bonne affaire dans ce pays de 190 millions d'habitants et ont lancé le mouvement début 2018. Ils ont rapidement été suivis par d'autres opérateurs tels que Maxokada et ORide, qui rivalisent en promettant de meilleures technologies, des prix toujours plus bas et des chauffeurs mieux formés. Car le plus grand défi de ces applications est avant tout de changer l'image des «okadas». Leurs chauffeurs sont habituellement craints pour leur propension à zigzaguer dangereusement entre les voitures, à prendre les routes à contre-sens, rouler sur les trottoirs ou brûler les feux rouges. Ils sont aussi régulièrement accusés d'utiliser leurs motos pour commettre des vols ou des crimes plus graves.

Ce sont en tout cas les raisons qu'ont avancées les autorités en 2012 pour interdire les 100 cm³ sur 475 voies de l'agglomération. Cette année, quelque 3 000 motos ont été verbalisées pour n'avoir pas respecté ces restrictions. Les chauffeurs de taxis-motos contactés via des applications «smartphones», qui se distinguent par leurs casques et dossards aux couleurs flashy de leur entreprises, conduisent, eux, des motos plus puissantes autorisées de fait à circuler sur toutes les routes. La course coûte entre 50 nairas (12 centimes d'euro) et quelques centaines de nairas, selon la distance. Lancé par la société panafricaine de paiement Mobile OPay, le service ORide, petit dernier arrivé en mai sur le marché, a déjà formé plus de 3 000 chauffeurs, qui travaillent à Lagos et dans six autres villes du pays. La filière nigériane d'Opay, l'une des start-up qui montent au Nigeria, espère développer ses activités grâce à une levée de fonds record de 50 millions de dollars en juillet dernier. «C'est un marché ouvert dans lequel tout le monde a quelque chose à offrir. Il y a tellement d'opportunités au Nigeria», explique à l'AFP Iniabasi Akpan, responsable d'OPay dans ce pays.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Angelo51 le 11.09.2019 12:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ce serait super ici aussi. On imagine l’état dans lequel les costards financiers arriveront au bureau en hiver.

Les derniers commentaires

  • Angelo51 le 11.09.2019 12:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ce serait super ici aussi. On imagine l’état dans lequel les costards financiers arriveront au bureau en hiver.