Transports du futur

20 juin 2019 14:02; Act: 20.06.2019 14:58 Print

Des taxis volants pour les JO de 2024?

Airbus, la RATP et ADP ont annoncé cette semaine le lancement d'une étude de faisabilité pour un démonstrateur de taxi volant qui serait présenté aux JO de Paris en 2024.

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Aller en 2024 de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle à un site olympique en taxi volant? Ce n'est pas une chimère, mais l'objectif «ambitieux» d'Aéroports de Paris (ADP), qui veut profiter des JO pour tester un projet de mobilité du futur avec Airbus et la RATP.

«En 2010 pour la première fois sur la terre, plus de la moitié des êtres humains habitaient en zone urbaine et on pense qu'on passera les 60% en 2030», explique le patron d'Airbus, Guillaume Faury. Pour lui, «l'idée d'utiliser la troisième dimension est évidente».

Pour l'avionneur, le gestionnaire aéroportuaire et l'exploitant des services de transports en commun de Paris, la perspective de ces Jeux sera l'opportunité d'exposer les initiatives françaises.

Multiplications des projets

Concrètement, ADP doit choisir d'ici à la fin de l'année parmi l'un des dix aérodromes d'Ile-de-France qu'il gère (Chavenay-Villepreux, Chelles le Pin, Coulommiers-Voisins, Étampes-Mondésir, Lognes-Emerainville, Meaux-Esbly, Persan-Beaumont Vexin, Pontoise-Cormeilles en Vexin, Saint-Cyr, Toussus-Le-Noble) et se donne ensuite 18 mois pour y construire un «Vertiport» capable d'accueillir des taxis volants.

L'investissement en infrastructure représente une dizaine de millions d'euros, indique M. Arkwright, le directeur général exécutif d'ADP. Le projet permettra de tester la liaison «via un couloir d'hélicoptère existant». Selon lui, le groupe ADP «est très sollicité à l'étranger sur cette ingénierie "bâtimentaire"» du Golfe à l'Asie. Cette infrastructure permettrait idéalement «une rotation toutes les six minutes». Pour réaliser le VTOL de 2024, ADP travaille avec Airbus, qui s'est engagé depuis quelques années dans la mobilité urbaine à propulsion 100% électrique.

Le constructeur dispose déjà de deux démonstrateurs: «Vahana» (une place) et «CityAirbus» (quatre places). Il va «faire converger ces deux projets vers un véhicule qui va permettre de répondre aux premiers cas d'usage», explique M. Faury. «Ce partenariat est une opportunité unique de développer des solutions technologiques, un produit, un cadre réglementaire, un modèle économique», ajoute-t-il.

«Étape importante»

«Ce projet réduit les contraintes, non seulement en terme d'infrastructures mais aussi concernant le trafic aérien puisqu'il s'agit d'une expérimentation sur un couloir donné», commente Jean-Louis Rassineux, responsable aéronautique et défense pour le cabinet d'études Deloitte. «C'est de passer à grande échelle qui va être complexe», explique-t-il à l'AFP. La question de l'acceptation par le grand public sera centrale à la réussite du projet. Il faudra «des niveaux de sécurité aussi exigeants que pour l'aérien et une réelle valeur ajoutée aux transports existants», ajoute-t-il. En tout état de cause, le cabinet Deloitte évalue le poids du marché à 17 milliards de dollars d'ici à 2040, rien qu'aux États-Unis.

«Il reste du chemin à parcourir avant d'intégrer un véhicule volant dans le transport urbain», estime la ministre des Transports Elisabeth Borne. Mais elle qualifie les expérimentations de 2024 «d'une des étapes importantes» des travaux qui «doivent permettre de faire émerger une offre de transport complète, intégrée et respectueuse de l'environnement».

(L'essentiel/afp)