En Italie

13 mai 2019 14:27; Act: 13.05.2019 14:54 Print

Facebook ferme 23 pages pour cause de «fake news»

Plus de la moitié des pages fermées sur son site par le réseau social soutenaient les deux partis au gouvernement en Italie, a annoncé l'ONG de cybermilitantisme Avaaz.

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Une des pages propageait par exemple des contrevérités concernant l'écrivain italien antimafia, Roberto Saviano. (photo: AFP/Jeff Pachoud)

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«Facebook, une enquête d'Avaaz entraîne la fermeture de pages non officielles» de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), au pouvoir en Italie, a annoncé l'ONG dans un communiqué. Au total, ces pages comptaient près de 2,5 millions d'abonnés, a précisé l'ONG. La plus active s'intitulait «Nous voulons le Mouvement 5 étoiles au gouvernement».

Selon Avaaz, elle affirmait par exemple que l'écrivain italien antimafia, Roberto Saviano, a déclaré qu'il préfère «sauver des migrants que des victimes italiennes des tremblements de terre». L'auteur de «Gomorra» n'a jamais dit cela et a été contraint de faire des démentis publics, a rappelé Avaaz. En ce qui concerne la Ligue, la page la plus active publiait une vidéo qu'elle présentait comme montrant des migrants en train de détruire une voiture des carabiniers.

Un précédent en Espagne

Cette vidéo, visualisée presque 10 millions de fois, est en fait une scène prise dans un film et la désinformation a été dénoncée mainte fois dans le passé, mais elle continue à être utilisée à des fins politiques. «Tout cela représente l'énième preuve qu'il existe des réseaux qui partagent de la désinformation et de fausses informations dans le but de propager la haine et les divisions, justement en vue des élections européennes», a affirmé Christoph Schott, directeur de campagne d'Avaaz.

«Facebook a fait un bon travail en fermant ces pages mais le fait qu'une société multimilliardaire soit obligée de s'appuyer sur une enquête financée (...) par Avaaz pour défendre la démocratie en Europe en dit long. Facebook doit faire davantage et doit le faire de toute urgence», a insisté M. Schott. En avril, une enquête similaire d'Avaaz en Espagne avait conduit Facebook à fermer, peu avant les élections législatives, trois réseaux d'extrême droite, avec un total de 17 pages et 1,4 million d'abonnés, selon le même communiqué.

(L'essentiel/afp)