En Australie

22 janvier 2021 07:15; Act: 22.01.2021 11:31 Print

Google menace de bloquer son moteur de recherche

Un projet gouvernemental prévoit d’obliger le géant de l’Internet à rémunérer les médias pour leurs contenus, avec des pénalités de plusieurs millions en cas d’infraction.

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Ce projet, l’un des plus contraignants au monde, vise le «fil d’actualité» de Facebook et les recherches sur Google. (Photo Kenzo TRIBOUILLARD / AFP) (photo: AFP)

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Google a durci le ton en Australie, en menaçant vendredi d’y bloquer son moteur de recherche, si Canberra ne modifie pas son projet visant à contraindre le géant californien à rémunérer les médias pour leurs contenus.

Le gouvernement australien travaille sur un «code de conduite contraignant» censé gouverner les relations entre des médias en grandes difficultés financières et les géants qui dominent l’Internet, au premier rang desquels Google et Facebook, qui captent une part importante des revenus publicitaires.

Ce projet, l’un des plus contraignants au monde, prévoit des pénalités de plusieurs millions d’euros en cas d’infraction et vise le «fil d’actualité» de Facebook et les recherches sur Google.

Mais la directrice générale de Google Australia, Mel Silva, a avancé vendredi, lors d’une audition au Sénat australien, que le «scénario du pire» serait que le projet de code passe tel quel, et ajouté que son groupe se verrait le cas échéant dans l’obligation de suspendre ses services de recherche en Australie.

«Si cette version du code devenait une loi, cela ne nous laisserait pas d’autre choix véritable que de suspendre Google Search en Australie», a déclaré Mel Silva.

Une menace à laquelle le Premier ministre australien Scott Morrison a sèchement répondu.

«C’est l’Australie qui fait les règles quant à ce qui peut être fait en Australie. C’est notre Parlement qui en décide», a-t-il déclaré. «Les gens qui sont prêts à travailler dans ce cadre en Australie sont les bienvenus. Mais nous ne plions pas devant les menaces».

«Précédent intenable»

L’initiative australienne est suivie de près à travers le monde à un moment où les médias souffrent dans une économie numérique où les revenus publicitaires sont de plus en plus captés par Facebook, Google et d’autres grandes firmes de la tech.

La crise des médias a été aggravée par l’effondrement économique provoqué par le coronavirus. En Australie, des dizaines de journaux ont été fermés et des centaines de journalistes licenciés.

Le projet de code prévoit que Google et Facebook rémunèrent les médias australiens, qu’il s’agisse du groupe public ABC ou des titres du groupe News Corp de Rupert Murdoch, pour la reprise de leurs contenus.

Canberra a décidé de ne cibler que Facebook et Google, mais pas d’autres plateformes très populaires comme Instagram ou YouTube.

Un des aspects les plus controversés est que Google et Facebook devraient entrer dans un arbitrage contraignant avec chaque média, faute d’accord amiable. L’arbitre trancherait entre la position des médias et des géants de la tech sur le montant de la rémunération.

«Cette disposition du code créerait un précédent intenable pour notre secteur et l’économie numérique», a déploré vendredi Mel Silva. «Ce n’est pas compatible avec la façon dont les moteurs de recherche ou l’Internet fonctionnent».

Mel Silva a assuré que Google souhaitait soutenir les médias, et suggéré des modifications au projet de code qui doit entrer en vigueur cette année. «Il y a un chemin clair vers l’élaboration d’un code juste avec lequel on peut travailler, si on y apporte simplement de légers amendements», a-t-elle dit.

Les menaces de Facebook

Google avait récemment avancé qu’il pourrait empêcher les contenus de sites de médias australiens d’apparaître dans les réponses sur son moteur de recherche. Il a commencé à tester ce type de mesure auprès d’un petit nombre d’internautes.

Washington vient aussi d'exhorter Canberra à renoncer à un projet "fondamentalement déséquilibré" en faveur des médias.

Facebook a également rejeté le code dans sa forme actuelle en affirmant qu’il cesserait de publier les contenus de médias australiens s’il entrait en vigueur.

«La grande majorité des gens qui utilisent Facebook pourraient continuer à le faire, mais nous ne serions plus en mesure de fournir des news», a déclaré devant le Sénat australien Simon Milner, un haut responsable de Facebook.

L’Australie avait initialement proposé un «code de conduite volontaire», avant de durcir sa position en affirmant qu’un accord équitable ne pouvait être trouvé entre les médias et les géants de la tech, compte tenu de leurs poids respectifs.

L'Australie n'est pas le seul marché où Google est en conflit avec les médias. Mais à la différence d'autres pays qui prennent le problème sous l'angle du droit d'auteur, elle s'appuie sur les règles de la concurrence.

Jeudi, le groupe californien a annoncé la conclusion d’un accord-cadre qui ouvre la voie à la rémunération des quotidiens français au titre du «droit voisin», ce nouveau droit similaire au droit d’auteur instauré par une directive européenne il y a deux ans.

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • Ne pas fléchir le 22.01.2021 08:24 Report dénoncer ce commentaire

    Article "Google accepte de rémunérer la presse française"

  • André le 22.01.2021 08:01 Report dénoncer ce commentaire

    L'expérience serait intéréssante.

  • Duck duck Go, Copernic, Bing, etc le 22.01.2021 11:46 Report dénoncer ce commentaire

    Il n'y a pas que Google, FB et YT pour faire des recherches et lire du média sur le net! Je serais à la place des australiens, pas de fléchissements face aux menaces! De toutes façon ils ne supporteraient pas de se retirer donc il vont faire le nécessaire et cracher au bassinet s'il le faut! C'est juste la grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf! Un beau bluff comme ils savent bien le faire!

Les derniers commentaires

  • JayDi le 22.01.2021 14:00 Report dénoncer ce commentaire

    Une grande partie de leur bénéfices est distribuée à des organisations à travers le monde qui plantent des arbres. D'après mes recherches cela semble être le cas. Donne de bon résultats de recherche, pour ma part en tout cas. Testez le et faites vos propres recherches.

  • Duck duck Go, Copernic, Bing, etc le 22.01.2021 11:46 Report dénoncer ce commentaire

    Il n'y a pas que Google, FB et YT pour faire des recherches et lire du média sur le net! Je serais à la place des australiens, pas de fléchissements face aux menaces! De toutes façon ils ne supporteraient pas de se retirer donc il vont faire le nécessaire et cracher au bassinet s'il le faut! C'est juste la grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf! Un beau bluff comme ils savent bien le faire!

  • Jules le 22.01.2021 09:16 Report dénoncer ce commentaire

    Essayer DuckDuckGo ... l'alternative est parfaite

  • Ne pas fléchir le 22.01.2021 08:24 Report dénoncer ce commentaire

    Article "Google accepte de rémunérer la presse française"

  • André le 22.01.2021 08:01 Report dénoncer ce commentaire

    L'expérience serait intéréssante.