«Nouvelle terreur du web»

08 octobre 2015 12:58; Act: 08.10.2015 13:25 Print

Les bloqueurs de pub débarquent sur mobile

Les logiciels antipublicité prennent d'assaut les mobiles, risquant de freiner l'un des principaux moteurs du marché de la pub numérique.

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Apple fait trembler les autres géants du web avec son app «Crystal» qui permet de stopper le flux de publicités durant la navigation sur Safari.

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Redoutés par les éditeurs de sites Internet, inquiets de voir leur principale source de revenus leur échapper, les logiciels antipublicité, déjà plébiscités par des millions d'internautes dans le monde, se développent maintenant sur mobile. Le terrain de jeu des bloqueurs de publicité («ad-block») ne cesse de s'élargir.

Coup de tonnerre dans l'écosystème du web, le géant américain Apple a décidé d'intégrer au sein de son nouveau système d'exploitation iOS9, dévoilé début septembre, une fonctionnalité permettant au mobinaute de stopper le flux incessant de publicités durant sa navigation sur Safari. Concrètement, les réclames n'apparaissent plus à l'écran, la navigation est plus rapide, et les données personnelles de l'utilisateur ne sont plus récoltées notamment à des fins commerciales.

«Les gens sont prêts à payer pour stopper la publicité»

Les millions de possesseurs français d'iPhone et d'iPad ont plébiscité dès sa sortie l'ad-block Crystal, qui a caracolé pendant une semaine en tête des applis les plus téléchargées, malgré son caractère payant. Une dizaine d'autres ont essaimé depuis, espérant surfer sur cette tendance. Certaines comme Been Choice ambitionnent d'aller plus loin, en bloquant aussi les publicités diffusées à l'intérieur des applications mobiles.

«Les gens sont prêts à payer pour stopper la publicité, cela donne une idée du ras-le-bol des utilisateurs», explique Hicham Berrada, directeur général France de Teads, spécialiste des publicités vidéo adaptées pour les groupes de médias premium. Les professionnels du secteur craignent que la décision d'Apple ne légitime une pratique perçue encore comme marginale et réservée aux seuls «geeks», alors que le modèle économique de la marque à la pomme «n'est absolument pas dépendant» de la publicité contrairement à ses concurrents Facebook ou Google.

«C'est dangereux parce que cela démocratise l'"adblocking", et on sait à quel point Apple a la capacité de proposer des choses simples (à l'utilisateur), à savoir télécharger une application et appuyer sur un bouton», renchérit M. Berrada, qui n'écarte pas «un raz-de-marée» alors que le mobile représentera «très bientôt 50%» de son activité. «Cela exclut tout de même pour l'instant les millions de gens qui sont sur Androïd (NDLR: système d'exploitation mobile de Google), donc on peut relativiser», tient à tempérer Mohamed Laaouissi, directeur Europe du Sud de la plateforme programmatique d'achat d'espaces publicitaires DataXu.

(L'essentiel/AFP)