Réseaux sociaux

12 juin 2019 08:45; Act: 12.06.2019 09:38 Print

Mark Zuckerberg piégé par une vidéo truquée

Pas de traitement de faveur: une vidéo «deepfake» de Mark Zuckerberg restera sur Instagram.

Sur ce sujet
Une faute?

Le PDG de Facebook se vantant publiquement de contrôler des milliards de données «volées»? Des artistes ont posté sur Instagram une vidéo «deepfake» de Mark Zuckerberg, au trucage hyperréaliste. Mais pas de traitement de faveur: la filiale du réseau social ne supprimera pas l'objet du délit.

«Imaginez ça une seconde: un homme avec le contrôle total des données volées de milliards de personnes, leurs secrets, leurs vies, leur avenir. Je dois tout cela à Spectre. Spectre m'a montré que quiconque contrôle les données contrôle l'avenir», dit le «faux» Mark Zuckerberg, dans cette courte vidéo postée sur Instagram par l'artiste britannique Bill Posters, pour promouvoir son projet «Spectre» qui veut dénoncer les dérives des géants technologiques.

Une vraie déclaration détournée

Selon son site Internet, Bill Posters et Daniel Howe, artiste lui aussi, ont créé avec des start-up spécialisées en intelligence artificielle des vidéos «deepfake» faisant également dire des absurdités à la starlette Kim Kardashian ou à Donald Trump. «Spectre» est en outre une référence à l'organisation secrète puissante et maléfique, ennemie de James Bond.

La vidéo de Mark Zuckerberg détourne une vraie déclaration du jeune PDG, à la télévision américaine, et fait évidemment allusion aux controverses liées à la gestion par Facebook, des données personnelles de ses usagers mais aussi à la prolifération des «infox» et autres manipulations sur le réseau social, qui refuse de se faire l'arbitre de la vérité.

Pas de traitement de faveur

En l'occurrence, les deux artistes ne cherchent pas à tromper les internautes, les vidéos étant accompagnées du mot-dièse #deepfake mais elles mettent en lumière ce type de vidéos truquées, que les avancées de l'intelligence artificielle rendent de plus en plus réalistes et faciles à réaliser, ouvrant la porte à des actions de manipulation d'une redoutable efficacité.

«Nous traiterons ce contenu de la même façon que nous traitons toute la désinformation sur Instagram. Si les fact-checkers (NDLR; vérificateurs d'information) externes la labellisent comme fausse, elle n'apparaîtra pas dans les recommandations», a réagi Instagram.

(L'essentiel/afp)