Assistants vocaux

18 juin 2018 10:07; Act: 18.06.2018 13:03 Print

«Ok Google, commande-​​moi une pizza!»

Faire ses courses rien qu'à la voix, depuis son canapé, devient de plus en plus à la mode, obligeant le secteur de la distribution traditionnelle à s'adapter.

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Pour le moment, les utilisateurs s'en servent surtout pour des achats faciles. (photo: AFP)

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Le shopping via commande vocale pourrait représenter aux États-Unis un marché annuel de 40 milliards de dollars en 2022, contre deux milliards aujourd'hui, selon le cabinet OC&C Strategy Consultants. Ce qui s'explique en particulier par le boom des enceintes intelligentes à commande vocale, comme l'Echo d'Amazon, qui vient de faire son arrivée en France, ou le Home de Google, les deux modèles qui dominent le marché. «Les gens aiment le côté pratique et naturel» de la commande vocale, note Victoria Petrock, analyste chez eMarketer, ajoutant que c'est toute l'informatique en général qui se tourne de plus en plus vers «l'interface vocale», qui existe aussi dans beaucoup de smartphones et même dans des voitures connectées.

Selon un sondage récent d'eMarketer, 36% des consommateurs américains sont attirés par l'idée de faire des achats via un appareil comme l'Echo d'Amazon, sur le marché américain depuis un peu moins de trois ans. Google a lancé Home en 2016. À eux deux, ils représentent environ 70% du marché mondial, la part du lion revenant à Amazon qui en détient 43,6%, selon la firme Strategy Analytics. «On devient de plus en plus habitué à demander à Alexa (l'assistant vocal d'Amazon) ou à Google de faire quelque chose à notre place (parce que) c'est simple de dire "Alexa, achète-moi des croquettes pour chiens"», constate Mark Taylor, expert du sujet pour le groupe de services informatiques Capgemini, notant une «croissance exponentielle».

«C'est comme dans "Star Trek"»

Que ce soit pour faire des achats ou effectuer des recherches sur Internet, cela «rentre de plus en plus dans nos vies», estime encore M. Taylor. Pour l'instant, nuance-t-il, les gens s'en servent surtout pour des achats faciles, comme renouveler des produits que l'on a l'habitude d'acheter. Selon OC&C, ce sont les produits alimentaires, de divertissement, les appareils électroniques et les vêtements qui s'achètent le plus par commande vocale. Mais pour Mark Taylor, à mesure que les consommateurs s'habituent aux assistants vocaux et que ceux-ci deviennent de plus en plus sophistiqués grâce à l'intelligence artificielle, ils pourraient aussi servir pour des services comme l'assurance ou la banque.

«C'est comme dans "Star Trek"», s'amuse Manlio Carrelli, de la société LivePerson, qui commercialise des technologies de commerce «conversationnel». «Je peux simplement dire ce que je veux et l'obtenir. Les consommateurs se fichent de savoir comment ça marche, ils veulent juste être en mesure d'avoir ce qu'ils veulent», poursuit-il. Outre les ventes de produits, l'interface vocale peut servir aussi pour les service-clients et faire économiser des millions aux entreprises. Pour lui, toutes les grandes enseignes s'y intéressent.

D'autant que c'est aussi un moyen pour les acteurs traditionnels de rester dans la course. Le géant Walmart, comme des dizaines d'autres distributeurs, propose aussi de la vente par commande vocale via la plateforme Google Express. On peut aussi commander des pizzas de l'enseigne Domino's via Alexa ou Google Home. En France, l'enseigne Carrefour fait de même depuis peu avec Google Home tandis qu'en Chine, de nombreux distributeurs se sont associés à des firmes technologiques pour faire la même chose.

(L'essentiel/afp)