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28 août 2018 10:27; Act: 28.08.2018 12:31 Print

Un logiciel fait danser comme Bruno Mars

Les pas de danse d'une personne peuvent à présent être transposés sur une autre, via une nouvelle version des «deepfakes», vidéos truquées par ordinateur.

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Tout le monde sait danser. Du moins virtuellement, à l'aide de la solution d'intelligence artificielle développée par quatre chercheurs de l'université de Californie à Berkeley, aux États-Unis. Ces ingénieurs ont poussé plus loin l'idée des «deepfakes», ces vidéos truquées qui consistent à remplacer par ordinateur le visage d'une personne par celui d'une autre. Une technique qui a particulièrement été appliquée dans le domaine des vidéos porno.

Décrit dans une étude publiée sur la plateforme arXiv, le système de manipulation est en effet capable de transférer les pas de danse d'une personne, par exemple ceux du chanteur Bruno Mars, sur le corps d'une autre à partir d'une vidéo de référence.

Le processus comporte plusieurs étapes. Les mouvements de la personne cible sont d'abord enregistrés dans une vidéo. À noter qu'afin d'obtenir un résultat final de bonne qualité, le système demande une quantité importante de données: environ 20 minutes de vidéo capturée à 120 images par seconde, explique The Verge. Le corps du danseur de la vidéo source est ensuite transformé en une figurine simplifiée représentée sous forme de bâtonnets. Les mouvements de ceux-ci sont ensuite copiés pour animer le corps dans la vidéo finale.

Le site spécialisé explique qu'un réseau de neurones artificiels est spécifiquement affecté à la reproduction du visage afin d'assurer un bon niveau de réalisme. Le système souffre néanmoins de quelques limitations. Il ne peut notamment pas modéliser avec précision les tissus des habits. L'individu doit donc porter des vêtements serrés. Certaines anomalies visuelles s'affichent aussi à l'écran. Elles sont dues au fait que l'IA ne parvient pas à gérer certains mouvements complexes, comme un retournement de la main de l'arrière vers l'avant, par exemple.

The Verge imagine voir débarquer cette technologie dans une app prochainement. Si la technologie utilisée pour réaliser des «deepfakes» avait déjà entamé la crédibilité des vidéos publiées en ligne, cette nouvelle évolution ne risque pas d'arranger les choses.

(L'essentiel/man)