Gloire automobile

11 juillet 2019 10:55; Act: 12.07.2019 09:20 Print

La toute dernière VW Coccinelle sort d'usine

Le tout dernier exemplaire de la mythique Coccinelle de Volkswagen est sorti mercredi de son usine mexicaine de Puebla, mettant un point final à une épopée de sept décennies.

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Au son des mariachis jouant un classique mexicain et après avoir roulé quelques mètres sous les applaudissements, la voiture de couleur bleu métallisé a été immortalisée par les objectifs. Elle était entourée par les ouvriers de ce site qui a produit, depuis 1997, plus de 1,7 million de «New beetle» (en anglais on l'appelle «scarabée»). «Gracias Beetle», pouvait-on lire sur les tee-shirts des travailleurs de l'usine, qui ont assemblé cet ultime exemplaire de la «Final Edition» en sept heures.

«C'est toujours triste, c'est une partie de nous. C'est le résultat de notre travail quotidien pour obtenir le meilleur résultat. Oui, on est fier», a déclaré Francisco Bueno, un des salariés, présent depuis 25 ans dans cette usine. Les 65 dernières Coccinelles de l'histoire, numérotées d'1 à 65 pour faire référence aux 65 années de présence de Volkswagen au Mexique, ne seront vendues que sur Internet et au prix de 21 000 dollars (environ 18 500 euros).

À chaque époque sa VW Coccinelle

L'annonce de l'arrêt de production avait été faite en septembre 2018 par le groupe Volkswagen. Le constructeur, qui se remettait à peine aux États-Unis du scandale retentissant des moteurs truqués pour masquer le taux de pollution, disait vouloir se concentrer sur les voitures familiales plus grandes et sur les véhicules électriques.

La «New beetle», sortie en 1997, n'avait presque plus rien en commun avec le grand ancêtre voulu par Hitler et né du génie automobile de Ferdinand Porsche, dont la production a commencé en 1938 et s'est achevée en 2003. Ni avec la voiture de prédilection de la jeunesse des années 1960 et 1970 incarnant la génération «Peace and Love» et sa soif de liberté, qui se traduisait souvent par des «Käfer» (coccinelle en allemand) multicolores et couvertes de dessins d'immenses fleurs.

«La voiture du peuple»

Pourtant restait le trait essentiel: la bonhommie venant de la rondeur de sa silhouette, immédiatement reconnaissable même dans les modèles les plus récents. Et bien sûr les phares, faisant immanquablement penser à deux grands yeux sur un visage au sourire bienveillant.

L'original avait pourtant commencé par un passé guerrier en transportant des soldats de la Wehrmacht pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce n'est qu'en 1945 qu'elle sera produite en masse dans une Allemagne occupée par les Alliés et deviendra véritablement la «voiture du peuple» ou Volkswagen en allemand. Robuste, facile d'entretien, mais en même temps performante: elle part peu à peu à la conquête du monde et il n'y a guère d'endroits où les pneus de la Coccinelle n'ont pas laissé leurs traces.

Une icône pop art

La véritable consécration vient dans les années 1960. Le Beatle John Lennon fait sienne la petite voiture aux courbes arrondies et Andy Warhol la transforme en icône pop art, déclinant sa photo sur le modèle de sa fameuse «Marylin». En 1968, Walt Disney en fait une star du grand écran avec «Un amour de Coccinelle», qui met en scène les aventures d'une très humaine auto "Herbie". Les ventes aux États-Unis s'envolent: au sommet de sa gloire, elle est conduite par quatre millions d'Américains.

Vendue dans le monde entier grâce à sa réputation de solidité, de simplicité mécanique, et son prix raisonnable, son succès s'essouffla finalement dans les années 1970 et Volkswagen arrêta sa production en Europe en 1978. La «Cox» finit par accuser le poids des années. Trop gourmande en carburant, une tenue de route fantaisiste, un freinage un peu trop discret et une concurrence, y compris chez VW, avec la Golf.

La New beetle, qui entre désormais dans l'histoire de l'automobile, a connu un grand succès sans jamais accéder au statut de légende de son ancêtre.

(L'essentiel/afp)