Bande dessinée

29 mai 2019 09:00; Act: 29.05.2019 13:07 Print

La Grande Pyramide revient hanter Mortimer

Pour mieux se les approprier, les auteurs du «Dernier Pharaon» ont décidé de vieillir Blake et Mortimer.

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Dans «Le Dernier Pharaon», les Belges François Schuiten, Jaco Van Dormael, Thomas Gunzig et Laurent Durieux revisitent l'œuvre d'Edgar P. Jacobs, avec le plus grand respect pour la série originelle. (photo: DR)

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«Par Horus, demeure!». Le souvenir de la Grande Pyramide hante à nouveau le professeur Philip Mortimer. Ses cauchemars ont commencé le jour où il étudie d'étranges radiations qui s'échappent du Palais de Justice de Bruxelles. C'est qu'un puissant champ magnétique provoque des aurores boréales, des pannes dans les circuits électroniques et d'épouvantables hallucinations chez ceux qui y sont exposés. La ville doit être évacuée et entourée d'un mur.

Pour venir à bout du rayonnement, l'armée a conçu un plan qui met en péril l'avenir du monde. Malgré leurs vieilles querelles, malgré leur âge, Blake et Mortimer doivent repartir à l'aventure, vers une Bruxelles abandonnée pour tenter de sauver le monde. Ils vont vite s'apercevoir que la zone interdite n'est pas si abandonnée que cela.

Dans «Le Dernier Pharaon», les Belges François Schuiten, Jaco Van Dormael, Thomas Gunzig et Laurent Durieux revisitent l'œuvre d'Edgar P. Jacobs, avec le plus grand respect pour la série originelle. «Nous avons reçu l'autorisation d'aborder les personnages comme bon nous semblait. C'était à la fois une marque de confiance et une corde raide. Je ne voulais pas que ça paraisse artificiel», explique le dessinateur François Schuiten.

La clé du salut de l'humanité

Pour sortir les deux héros des années 50-60 dans lesquelles ils étaient prisonniers depuis la mort d'Edgar P. Jacobs (décédé en 1987), Yves Schlirf, directeur éditorial de «Blake et Mortimer», a confié la suite à des pointures de la BD. L'histoire de ce hors-série très personnel vient d'un projet de scénario échafaudé par Edgar P. Jacobs. Il avait griffonné dans son carnet à idées le point de départ d'une aventure dans laquelle Olrik se dissimulait dans le labyrinthe du Palais de justice de Bruxelles pour y brouiller les ondes.

À la faveur de ce rayonnement mystérieux, au cœur de cet album «Le Dernier Pharaon», le professeur Mortimer pourrait donc retrouver les souvenirs effacés de sa mémoire au mois de mai 1952 par le cheik Abdel Razek. Et la bague que lui avait confiée Abdel Razek à la fin du «Mystère de la Grande Pyramide» (tomes 4 et 5) pourrait dès lors devenir la clé du salut de l'humanité.

«Blake et Mortimer T. 28». François Schuiten, Jaco Van Doermael et Thomas Gunzig. Dargaud.

(Denis Berche/L'essentiel)