Bande dessinée

13 mars 2019 09:00; Act: 13.03.2019 13:41 Print

Un robot monumental héros d'une uchronie

Le Dernier Atlas» met en scène un robot géant conçu sous De Gaulle. Ils s'y sont mis à quatre pour cette uchronie très étonnante.

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«Le Dernier Atlas» fait 600 pages.

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C'est un long récit (600 pages en trois volumes) que Dupuis qualifie d'«OLNI», un objet littéraire non identifié. Conçu par quatre auteurs reconnus de la BD, Hervé Tanquerelle, Fred Blanchard, Fabien Vehlmann et Gwen de Bonneval, «Le Dernier Atlas» est une uchronie qui voit s'entremêler politique nucléaire de De Gaulle, découverte de pétrole et guerre d'Algérie se terminant en 1976.

Tout commence comme dans un thriller avec Ismaël Tayeb. Lieutenant dans un gang criminel, il doit trouver une pile nucléaire... Pour cela, il doit voler le dernier Atlas, un de ces immenses robots français qui géraient des constructions titanesques jusqu’au milieu des années 70

Suite à un grave incident nucléaire à Batna durant la guerre d’Algérie, ils ont tous été démantelés, sauf celui que l'on appelait le George Sand. Il se trouve dans une décharge en Inde et Ismaël Tayeb doit le retrouver pour avoir la pile. Pendant ce temps, Françoise Halfort, ex-reporter de guerre, se retrouve confrontée dans le parc de Tassili à un phénomène écologique et sismique sans précédent.

Problèmes coloniaux et écologie

Le dérèglement du comportement animal est-il la conséquence de l'accident nucléaire de Batna? Ou y a-t-il une véritable menace... extraterrestre?

Dans ce récit-fleuve, intensément feuilletonnant, se croisent et s'entremêlent plusieurs sujets de fond, en particulier sur la guerre d'Algérie.

«Nous voulions divertir le lecteur, tout en l'amenant à réfléchir. Nous rappelons la politique algérienne, la politique nucléaire du général De Gaulle, la découverte du pétrole en Algérie...», dit Fabien Vehlmann. «Nous avons tous dans l'équipe un rapport particulier avec l'Algérie pour différentes raisons. Nous avons tous été impactés par une guerre que nous n'avons pas connue. Nous avons décalé la guerre d'Algérie, qui se termine dans notre uchronie en 1976, l'âge où nous étions encore des gamins», explique-t-il encore.

En racontant, autour d'un robot monumental, plusieurs histoires parallèles qui finiront par se croiser, les quatre auteurs évoquent problèmes coloniaux et préoccupations écologiques. Ils montrent aussi le coût écologique de la croissance de cette époque, restée comme les Trentes Glorieuses.

(Denis Berche)