Saga

03 octobre 2018 09:00; Act: 03.10.2018 09:33 Print

Zabo est bien loin de sa Louisiane natale

C'est le premier volet du dernier cycle. François Bourgeon poursuit sa série «Les Passagers du Vent» au cœur de Montmartre.

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Chaque titre de la saga s’est écoulé à environ un million d’exemplaires.

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Premier cycle en cinq albums (1975-1984), deuxième sous forme de diptyque (2009-2010) et troisième qui débute cet automne avec «Le Sang des cerises». François Bourgeon, infatigable artisan de la BD, prend tout son temps pour «Les Passagers du Vent». «En commençant la série en 1979, j’espérais faire quelques albums, mais je ne savais absolument pas que cela me suivrait toute ma vie», affirme l'auteur, 73 ans. Chaque titre de la saga s’est écoulé à environ un million d’exemplaires.

Ce tome 8 et nouvel épisode, premier volet du dernier cycle, se situe dans le quartier parisien de Montmartre quelques années après l’écrasement de la Commune de Paris, période insurrectionnelle au XIXe siècle. L’histoire débute au moment de l’enterrement d’un écrivain et homme politique français d’extrême gauche, Jules Vallès, en 1885. Dans le Paris populaire qui vit comme un affront l’érection de «Notre-Dame des briques», le surnom méprisant donné à la basilique du Sacré Cœur, le souvenir de la Commune est toujours vivant et douloureux.

Perfectionniste

Dans «Le sang des cerises», on retrouve Zabo, arrière-petite-fille d’Isa, l’héroïne des premiers albums, rencontrée pour la première fois dans «La petite fille Bois-Caïman», les deux précédents épisodes parus en 2009 et 2010. Et on découvre un nouveau personnage féminin. Une jeune Bretonne, Klervi, narratrice de cet épisode un peu occulté de l’histoire de France. «La Commune de Paris est une période passionnante, mais qui a été mise sous cloche. "Le temps des cerises" était chanté par nos grands-mères, mais personne ne sait plus pourquoi. Mon but était de faire découvrir aux lecteurs une période à travers des gens qui l’ont vécue», souligne François Bourgeon, dessinateur qui reconnaît que son objectivité «n’est pas celle de l’historien mais celle de ses personnages».

Perfectionniste de la BD, connu pour la précision de ses traits, il a reconstitué dans son atelier de Quimper une maquette «au centième» du quartier de Montmartre où se situe son histoire. Comme dans «La petite fille Bois-Caïman» où le créole se mêlait au français, des planches du «Sang des cerises» sont rédigées en breton et en argot parisien. Un parti pris qui ne freine pas la lecture.

«Les Passagers du vent T. 8». Bourgeon Delcourt.

(Denis Berche/L'essentiel)