Bande dessinée

06 décembre 2017 09:00; Act: 05.12.2017 18:48 Print

Enki Bilal imagine un monde sans numérique

En 2041, un bug fait disparaître toutes les données informatiques. Et le monde bascule.

storybild

Enki Bilal imagine un monde en plein chaos, où le numérique a disparu.

  • par e-mail
Sur ce sujet

Qu'adviendra-t-il si le genre humain abandonne toute sa mémoire à la technologie? Avec «Bug», son nouveau récit d’anticipation, Enki Bilal appuie aujourd'hui très fort là où cela pourrait faire mal demain. À moins que nous ne soyons déjà pas loin d'être en 2041.

En une fraction de seconde, le monde numérique a disparu comme aspiré par une force indicible. Nous sommes le 13 décembre 2041. Plus aucun appareil numérique ne fonctionne, plus aucune donnée virtuelle n'existe. Le monde se retrouve en plein chaos et l'espoir ne peut venir que de l'espace. Seul survivant d'une mission sur Mars, le cosmonaute Kameron Obb est ramené sur Terre. Il est porteur d'un bug extraterrestre qui a décimé son équipage.

«Je n'invente rien»

Il porte une tache bleue croissante sur l'arcade et présente une étonnante hyper-amnésie. C'est comme si toutes les données perdues avaient migré dans son cerveau. Obb devient l'homme le plus recherché sur Terre quand il y pose à nouveau les pieds.

«Je n'invente rien. À être devenu trop dépendant du virtuel, cela nous pend au nez. Je m'étonne d'ailleurs que personne ne se soit emparé de ce sujet passionnant», dit Enki Bilal, auteur majeur de la BD. «Je ne veux pas faire la révolution. Je me contente de raconter une histoire qui peut paraître terrifiante. Combien de fois sommes-nous désemparés, moi le premier, quand nous nous retrouvons déconnectés? C'est comme si le monde s'arrêtait de tourner...».

Avec cette déconnexion brutale, Enki Bilal plonge le lecteur, non sans une certaine dérision, dans un monde de désarroi et d’enjeux. Il imagine le salut temporaire venir de ceux nés avant 1980 et dont le potentiel intellectuel n'a pas été impacté par le tout numérique. «Même si je critique en filigrane, je ne fais que poser un constat avec ce thriller haletant».

Enki Bilal ne sait pas encore sur combien de tomes il nous tiendra en haleine avec ce «Bug». Mais on a vraiment froid dans le dos si ce qu'il imagine arrivait un jour.

«Bug T. 1». Enki Bilal. Casterman.

(Denis Berche/L'essentiel)