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18 juillet 2019 14:26; Act: 18.07.2019 14:43 Print

Bientôt la fin du fameux moustique-​​tigre?

Des chercheurs ont combiné avec succès deux techniques de lutte contre cet insecte vecteur de maladies.

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Les chercheurs ont à la fois irradié des moustiques femelles pour les stériliser et infecté les mâles par une bactérie qui les empêche de se reproduire.

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La combinaison de deux techniques de lutte contre le moustique-tigre s'est révélée efficace pour quasiment éliminer ces insectes vecteurs de maladies comme la dengue et le chikungunya. Une étude sur deux sites-tests a été menée en Chine, rapportent des chercheurs dans la revue Nature.

Les chercheurs ont à la fois irradié des moustiques femelles pour les stériliser et infecté les mâles par une bactérie qui les empêche de se reproduire avec les femelles non infectées. Cette expérience représente «une avancée importante et démontre le potentiel de ce nouvel outil», a souligné Peter Armbruster, professeur de biologie à l'Université Georgetown (États-Unis), dans un commentaire de l'étude.

L'équipe de chercheurs dirigée par Zhiyong Xi, de l'Université du Michigan (États-Unis) et de l'Université Sun Yat-sen de Canton (Chine), a réalisé son expérience pendant deux ans, dans deux îles situées sur des rivières proches de cette ville du Sud de la Chine. La région connaît l'un des taux de transmission de la dengue parmi les plus élevés de ce pays.

Chute drastique

Résultat: le nombre des œufs de moustiques éclos a chuté de 94%, avec des périodes allant jusqu'à 13 semaines sans une seule éclosion de moustique.

Le nombre moyen des femelles - ce sont elles qui piquent les humains et risquent donc de leur transmettre les maladies dont elles sont porteuses - a quant à lui plongé de 83% à 94%. Il s'est même passé jusqu'à six semaines sans qu'aucun spécimen ne soit attrapé. Et le nombre des piqûres signalées par les habitants de la zone a chuté de 97%.

Le moustique Aedes aegypti, ou moustique-tigre, est le principal vecteur de la dengue, du virus Zika, du chikungunya et de la fièvre jaune. Il est responsable de l'infection de millions de personnes chaque année dans le monde.

Les mesures habituellement utilisées pour lutter contre sa prolifération et les épidémies qu'il transmet (répulsifs, moustiquaires) atteignent leurs limites face à la capacité d'adaptation de cette espèce, qui se développe essentiellement en milieu urbain et présente la particularité de piquer le jour.

(L'essentiel/afp)